# Introduction 'agriculture est une activité très importante pour les pays en voie de développement (PED) aussi bien en termes de contribution au PIB qu'en termes d'emploi. Le secteur agricole contribue à hauteur de 40% au PIB des pays pauvres et emploie plus de la moitié de la population active totale (OCDE et FMI, 2012). Il constitue un moyen de sub sistance pour une multitude de petits exploitants 1 Parmi ces différents types de risques, les risques climatiques font l'objet d'une attention particulière dans les PED : ils sont peu maitrisés et leur occurrence entraine des conséquences importantes sur des zones rurales. Ces derniers sont majoritairement pauvres et tirent principalement leurs ressources alimentaires et financières de l'agriculture. L'augmentation des rendements agricoles constituerait une voie pour sortir les ménages agricoles de la pauvreté (de Janvry et Sasoulet, 2010 ; Banque Mondiale, 2007 ; de Janvry et Sadoulet, 2000). Toutefois, ces ménages font face à différents types de risques qui compromettent les chances d'améliorer leurs conditions de vie. Pour produire, les agriculteurs sont confrontés aux ri sques humains et professionnel s (maladie, décès, par exemple, vol , dégradation, destruction ou perte des outils de production), aux risques de marchés (variation des prix des produits agricoles et ceux des intrants, en autres), aux risques institutionnels générés par les changements de politiques ou de régulations qui affectent les agriculteurs et aux risques climatiques (baisse de la pluviométrie moyenne ou hausse de la température moyenne, vents violents, etc. qui affectent principalement les rendements agricoles). l'agriculture (Mehar et Mittal, 2016 ;Twongyirwe et al, 2019). Ces conséquences se traduisent par la variation de revenu et la baisse de consommation qui sont par conséquent resp onsables de la dégradation du bienêtre des ménages agricoles (Dercon, 2004 ;Alderman et Paxson, 1992). La région de l'Extrême-nord du Cameroun enregistre le niveau de pauvreté le plus élevé. En milieu rural, le niveau de pauvreté est exacerbé. Les pouvoirs publics implémentent depuis des décennies plusieurs projets en vue d'améliorer les revenus des populations rurales. Par ailleurs, face aux risques climatiques, les ménages agricoles implémentent à leur niveau des stratégies d'adaptation aux risques climatiques. Cependant, le niveau de pauvreté reste dans la région : en zone rurale 56,8% d'individus sont touchés contre 8,9% en zone urbaine 2 Les risques climatiques auxquels sont confrontés les ménages agricoles sont des ri sques systémiques. Ils t ouchent généralement l'ensemble de la communauté en même temps. Toutefois, la capacité d'adaptation des agriculteurs peut faire que le risque en termes de conséquences soit différent. Les agriculteurs qui implémentent des stratégies d'adaptation pourraient voir leur vulnérabilité décroitre face aux risques . Dans un contexte où la principale source de revenu et de nourritures des ménages agricoles est exposée aux ri sques climatiques, il est essentiel de comprendre les effets des stratégies d'adaptation aux risques climatiques sur leur bien-être. Cela permettra d'identifier les stratégies d'adaptation qui ont un effet significatif et important afin de renforcer les capacités des agriculteurs. Pour ce faire, cette étude utilise les données d'enquête collectées auprès des ménages agricoles pour faire une analyse des effets des stratégies d'adaptation ex ante sur le revenu des ménages agricoles. Cette étude s'intéresse particulièrement aux stratégies d'adaptation aux risques climatiques ex ante. Face aux risques climatiques, les agriculteurs des pays pauvres ne peuvent pas empêcher l'occurrence de mauvaises conditions météorologiques. De ce fait, ils sont parfois contraints de s'adapter (Agoussou et al, 2012 ;Agoussou, 2012). Pour la Banque mondiale, les stratégies de gestion de risques ex ante semble être plus efficaces que les stratégies de gestion de ri sques ex ante. En fait, les stratégies d'adaptation ex ante visent à lisser le revenu (Dercon, 2002), et par conséquent permettrait de lisser la consommation. Elles sont mises en oeuvre avant la réalisation du risque craint. Les stratégies d'adaptation mises en oeuvre après l'occurrence du risque, sont appelées stratégies d'adaptation ex post. Les deux types de stratégies sont interchangeables. Une stratégie d'adaptation ex ante peut également être utilisée comme stratégie après l'occurrence du risque. 2 Rapport INS, ECAM 4, 2015 climatiques. L'absence et/ou l'imperfection des marchés dans les pays pauvres (Anderson, 2001 ; Pradhan et Udry, 1999) contraint les agriculteurs à faire recours à un certain nombre de stratégies informelles telles que les mécanismes de partage de risques via les réseaux sociaux, la constitution de l'épargne de précaution, la technologie agricole, la migration, la diversification, la spécialisation, etc. L'accès à ces différentes stratégies n'est pas sans c oût. Pour les ménages pauvres, le manque de moyen peut constituer un ob stacle important à l'adoption et l'implémentation de ces stratégies. Cet article vise à faire l'analyse des effets des différentes stratégies d'adaptation ex ante sur le bienêtre des ménages agricoles. Il est question, dans cet article, de voir si les stratégies d'adaptation implémentées avant la réalisation du risque climatique ont des effets positifs sur le bien-être des ménages agricoles. Apporter des réponses à cette question semble important le cadre de la région de l'Extrême-nord du Cameroun où sévit la pauvreté et plus de 60% de la population active vit de l'agriculture. De plus, l'accès aux stratégies formelles (crédit agricole, l'assurance récolte, etc.) quasi-ab sent. Identifier et classer les stratégies d'adaptation en fonction de leur effet sur le bien-être semble également important pour l'implémentation des projets de développement appropriés. Pour mener à bien cette étude, la section 2 présente une brève revue de la littérature des effet s des stratégies d'adaptation ex ante sur le bien-être (revenu). La section 3 présente les données utilisées et la méthodologie est présentée, quant à elle, à section 4. La section 5 est consacrée aux résultats et discussions. # II. # Revue de la Littérature Les stratégies d'adaptation ex ante peuvent être implémentées à l'échelle de l'exploitation agricole ou hors de celle-ci. On retrouve dans la littérature, des études qui se rapportent à une ou plusieurs stratégies d'adaptation ex ante. # a) A l'échelle de l'exploitation agricole La relation entre stratégies d'adaptation ex ante et bien-être des ménages agricoles a fait l'objet de plusieurs études. La plupart d'entre elles ont adopté une approche économétrique utilisant généralement les données de panel s. Toutefois, une part non négligeable de ces études utilisent des données transversales. Dans les pays pauvres en général , l'agriculture de subsistance est plus pratiquée et la majorité des agriculteurs sont pauvres ; cette situation les oblige à faire recours aux stratégies dont ils sont capables d'implémenter. Même si l'attitude vis-à-vis du risque compte beaucoup, un agent averse ou non au risque, en univers incertain, prend généralement ses décisions sur la base des informations supplémentaires obtenues; celles lui permettent de réduire l'incertitude liée à sa décision. Par exemple, un agriculteur cherchera à collecter des informations sur les options de technologies plus productives et sur les opportunités de commercialisation et les tendances des prix sur le marché (Just et Zilberman 1984, Bosch et Pease 2000). Les agriculteurs vont sacrifier un peu de leur temps et de l'argent pour collecter les informations dont ils ont besoin. Ces informations sont susceptibles de générer des gains conséquents en agriculture. Le cas du Bangladesh cité par Bayes (2000) montre comment l'utilisation de l'information via les télécommunications (téléphones cellulaires) a permis aux agriculteurs de gérer les risques liés au marché de volaille. L'utilisation de cette technologie leur a permis de vendre à des meilleurs ceci grâce à l'obtention des informations utiles à temps réel. Par exemple, les informations sur les prix du marché de la volaille leur a permi s de vendre à un prix meilleur que celui fixé de manière arbitraire par un commerçant (Bayes 2000, Burr 2000). Toutefoi s, l'agent averse au ri sque aura toujours tendance à hésiter d'adopter la nouvelle technologie (Hiebert, 1974, Feder, 1980). S'il obtient des informations supplémentaires relatives aux avantages liés à l'adoption de la nouvelle technologie, il pourra décider de l'essayer (Anderson, 2002). Les résultats des travaux Djiril et al., (2018) montrent que les stratégies ex-ante de gestion de risques climatiques appuyées par ledit projet ont permis d'améliorer les rendements agricoles pour les agriculteurs bénéficiaires : précisément dans le cas du Sénégal 97% des participants du projet trouvent que le projet est utile contre 76% dans le cas du Mali. Cependant, dans beaucoup de PED, surtout en Afrique Subsaharienne, l'accès à l'information est difficile; et parfois même lorsqu'elle est disponible, elle ne permet pas véritablement de faire des prévisions climatiques fiables susceptibles d'aider réellement les agriculteurs (Gnanglè et al., 2012). Toutefoi s, cette mesure est néanmoins utilisée dans la plupart des PED. Les stations météorologiques tentent généralement de produire ces informations. Evitement ou réduction de l'exposition aux risques: Bien que la vie sans risque soit impensable, il n'est pas nécessaire de faire face à certains risques indésirables. Lorsqu'une action (ou une inaction) entraîne des conséquences négatives graves, telles qu'une faillite ou un décès, les actions visant à éviter ou à réduire ce risque doivent être soigneusement examinées. Ces actions peuvent donc impliquer: (i) remettre à plus tard la décision de changer la situation exi stante jusqu'à ce que plus d'informations soient obtenues sur la possibilité que le changement produise des résultats négatifs graves; (ii) dans une situation où la continuation ou la projection des pratiques actuelles crée la menace de conséquences négatives graves, des « normes de sécurité » strictes peuvent être imposées, au moins jusqu'à ce que l'on en sache davantage; (iii) un peu dans l'esprit de «l'action» p ostérieure, l'agent prend une décision qui ne s'écarte pas trop du statu quo, et s'inscrivant dans une logique de prudence (Anderson, 2001). Ainsi, en adoptant une attitude de précaution (comme la spécification des cultures, par exemple), les risques, en termes de possibilité de mauvais résultats, peuvent également être évités ou réduits en prévoyant des procédures de surveillance, de culture et de contrôle efficaces du système agricole. Par exemple, il est possible de minimiser les risques de pertes de récoltes et d'animaux dues à des maladies ou à des parasites en surveillant de près les preuves d'épidémies naissantes (Nunn, 1997, Glauder et Narrod, 2001). Le choix de technologies moins risquées rentre dans la logique de précaution également. Le producteur choisit de produire la spéculation la moins exp osée aux effets de la variabilité climatique (Anderson, 2001). Par ailleurs, il peut aussi décider d'utiliser la technologie agricole la plus sûre comme l'utilisation d'un cultivar plus rési stant aux intempéries (Anderson et Hazell, 1994, Cater, 1997;Pandey et al., 2001). L'agriculteur peut également choisir, par exemple, d'investir dans l'agriculture irriguée afin de garantir certains niveaux de production (Arrow, 1971;Pandey, 1989). Diversification: Toujours à l'échelle de la ferme, la stratégie de diversification peut être déployée par l'agriculteur. Anderson présente les avantages de cette stratégie pour l'agriculteur. Il faut d'abord noter que des considérations similaires s'appliquent à la question de la diversification des activités agricoles pour gérer les risques. Une des idées clés de la diversification est de réduire le risque de repli global en sélectionnant un mélange d'activités en nette reprise avec des corrélations faibles ou négatives. Elle permet de réduire le risque de production lié à une spéculation en la compensant par une autre production relativement meilleure. Elle permet en quelque sorte de combler les gouffres de trésorerie sai sonniers du ménage en puisant dans les ressources provenant d'autres sources (McConnell et Dillon, 1997;Kydd et al., 2001). Flexibilité aux nouvelles circonstances: Etant donné que la stabilité des revenus agricoles dépend aussi des prix appliqués sur le marché (input et output), les agriculteurs peuvent également adopter la flexibilité comme stratégie de gestion. Généralement intuitive, elle peut s'opérer par rapport aux actifs, aux produits, au marché, aux coût s et aux délais (Fafchamps, 1996). La flexibilité des actifs implique d'investir dans des actifs ayant plus d'un usage. Par exemple, lors de la construction d'un bâtiment agricole pour un usage spécifique, il peut ne pas coûter plus cher de modifier la conception afin de l'adapter facilement à un autre usage et à un coût modeste, si les circonstances le rendent souhaitable. De même, les terres qui peuvent être utilisées pour plusieurs types de production constituent une forme plus flexible d'actif, de trésorerie, et le maintien d'un niveau adéquat de liquidités dans l'entreprise agricole est un élément important d'une gestion financière prudente. D'autres formes de réserves peuvent également ajouter à la flexibilité, telles que les réserves détenues à titre de précaution contre la sécheresse. Comme autres flexibilité, on a la flexibilité des produits liés à la flexibilité des produits, la flexibilité des coûts et la flexibilité temporelle (qui est liée à la rapidité avec laquelle des ajustements peuvent apportés à l'exploitation agricole tandis que la flexibilité des coûts vise à maintenir les coûts fixes au minimum). La flexibilité temporelle est relativement plus importante pour les zones semi-arides (Fafchamps, 1999b). La flexibilité peut aussi être observée à l'échelle des fermes individuelles en ce qui concerne plus les milieux ruraux. Toutes les stratégies présentées ci-haut contribuent d'une manière ou d'autre à améliorer le revenu issu de l'activité agricole des ménages. Cependant, plusieurs de ces stratégies sont difficilement opérationnelles pour les paysans des pays pauvres (l'adoption des cultivars reste très limitée dans ces pays puisque les agriculteurs sont en majorité pauvres et de telles technologies demeurent rares et quand même elles existent, elles sont chères). Les ménages développent également des stratégies hors de la ferme en vue de maximiser les chances de se protéger contre le risque. # b) Hors de l'exploitation agricole Plusieurs mesures mises en oeuvre hors de l'exploitation agricole servent également de stratégies de gestion de risques pour les agriculteurs (pauvres). Diversification: Contrairement à la diversification évoquée dans les paragraphes précédents, la stratégie de diversification hors de la ferme, consiste à réduire le risque global (de baisse de revenu) du ménage en développant des activités potentiellement rentables hors de la ferme, dans d'autres activités possibles. Elle poursuit donc (ou devrait poursuivre) l'idée de trouver une combinaison d'activités efficaces en termes de risque (Anderson, 1975), et non pas celle qui minimise uniquement la variance des gains (Hardaker, Huine et Anderson, 1997). Elle viserait donc à venir appuyer les solutions (généralement peu efficaces) déjà apportées par la diversification mise en oeuvre au niveau de la ferme. Investir dans des activités non agricoles constitue une mesure efficace, même pour les agriculteurs pauvres (Reardon, 2000 ;Ellis, 1998) la diversification est une mesure clé pour gérer les risques (ex ante et ex post), car elle permet à partir des gains générés de répondre aux éventuels chocs (baisse de la consommation) et réduits les inégalités de revenus (Escobal, 2001). Butault et al., (2005) ont montré, à partir des données de panels collectées sur les agriculteurs, que les ménages qui mènent plusieurs activités (dont les activités extérieure) ont un revenu global plus élevé, supérieur d'un peu plus de 50% à celui des ménages sans activité extérieure. Luckert et al., (2000), par exemple, citent des preuves empiriques émanant de zones rurales du Zimbabwe, tout en montrant que les ménages allouent des ressources à des activités autres que l'agriculture pure, telles que les terres boisées, l'élevage et les activités urbaines, afin de protéger leur bien-être des chocs liés aux précipitations et sont exacerbés par la pression démographique croissante. Des cas similaires sont récurrents dans le monde (Valdivia, Dunn et Jette, 1996). Généralement, les petits exploitants agricoles ont aussi recours à la stratégie de migration dans un contexte d'absence de marchés d'assurance pour couvrir le risque lié à la production (Rosenzweig 1988, Hoddinnot, 1992). Cette stratégie joue un rôle important dans la mesure où les membres du ménage ayant migré peuvent envoyer ou venir en aide à la famille restée surplace. Par exemple, Rosenzweig et Stark (1989) ont trouvé pour le cas de l'Inde que la migration des jeunes filles (du fait des arrangements maritaux ciblés) permet de subvenir aux besoins de la famille. La jeune fille allée en mariage dans une famille relativement plus aisée pouvait aider sa famille en difficulté. Le partage de risque: Alderman et Paxson (1992) ont présenté une analyse intéressante de la diversité des mécanismes utilisés pour gérer les actifs afin de répartir les risques, un domaine qui a de plus en plus retenu l'attention des économistes ruraux et autres au cours des dernières décennies (Coate et Ravallion 1993 ;Deaton et Paxson, 1994 ;Besley, 1995 ;Morduch, 1995 ;Towsend , 1995 ;Dercon et Krishman, 1996et Dercon, 1998). Les travaux analytiques pertinents et récents sont, par exemple, ceux de Jalan et Ravaillion, (2000) et Alderman, (2001b) sur le cas des zones rurales de l'Afrique de l'Ouest . A partir des données d'enquête sur les normes de la réciprocité sociale (les règles de partage entre les ménages à dotations de richesse égales ou inégales). Il s ont montré que ces structures foncières coutumières jouent un rôle important en matière de gestion des risques. Le métayage est une autre forme de partage de risque. Elle est bien sûr un moyen de partager non seulement du produit et des coûts de l'activité productive, mais également du risque associé (Stiglitz 1974, Sharma et Dréze 1996, Ray 1998). Bien qu'il s'agisse généralement d'un arrangement assez formel qui ne repose sur aucun contrat écrit (Sadoulet, de Janvry et Fukkui, 1997). Dans un accord de métayage, un locataire peu enclin à prendre des ri sques accepte de payer au propriétaire (relativement moins enclin à prendre des risques) une part de sa production dans une production pré-attribuée entre le propriétaire et le locataire. Les proportions varient d'un pays à l'autre et d'une région à l'autre, et de nouveaux accords de coopération multipartites constituent l'arrangement (Towsend et Mueller, 2000). Toutefoi s, le partage de risque peut se faire via soi-même ou via les réseaux sociaux (Lekprichakul, 2009). Ici, l'agriculteur constitue ex ante des économies qui permettront de se prémunir à une éventuelle baisse de revenus. Il est donc question pour le ménage agricole de renoncer à une partie de la consommation (obtenue généralement lors des périodes de bonnes récoltes) afin de lisser sa c onsommation sur une période relativement longue qui implique la période de baisse de revenu. Le fait pour un ménage de constituer une épargne lui permet en cas de manque de revenu de puiser dans sa trésorerie de précaution (épargne) pour y faire face (Hankins, 1974). Dans le cas de l'Ethiopie, Dercon (1993) Financement agricole: La manière dont une entreprise agricole utilise la dette (et l'épargne) peut avoir des conséquences majeures sur son exposition au risque (Barry et Baker, 1984). L'effet de levier financier est l'un des concepts clés à cet égard, défini comme l'utilisation de crédits et autres de financements (par obligation ainsi que par utilisation de fonds propres) [Robison et ]. L'augmentation de l'endettement financier peut amplifier l'effet de la variabilité si l'entreprise revient du point de vue du propriétaire. Par exemple, si le rendement de l'actif total est supérieur au taux débiteur, le taux de rendement des fond s propres du propriétaire sera augmenté. Inversement, si le taux de rendement global est inférieur au taux débiteur, le propriétaire en en pâtira surtout si le rendement des capitaux propres est négatif. L'effet de levier financier sur l'amplification du risque soulève la question de la structure financière optimale pour une entreprise agricole. La réponse dépend des préférences de l'investisseur en matière de risque. Compte tenu de ces informations et des informations sur les convictions du décideur concernant les niveaux de revenus futurs, il est p ossible de déterminer le niveau d'endettement optimal pour un taux d'intérêt donné sur un prêt. Contrat de vente et négociation future: Dans de nombreux pays, les agriculteurs ont la possibilité (voire l'obligation dans certains cas) de réduire les risques de prix pour les produits non enc ore produits, ou pour les intrants nécessaires à l'avenir, par divers accords de commercialisation. Les solutions de remplacement les plus importantes, du point de vue de la gestion des risques, incluent la commercialisation en coopération avec la mise en commun des prix, les contrats à terme pour la vente de produits de base ou la livraison d'intrants, et la couverture sur les marchés à terme (Varangis et Larson, 1996). Ce qui leur permet d'obtenir des gains meilleurs. Il ressort de cette section que la relation entre stratégies de gestion (ou stratégies d'adaptation ex ante) et bien-être de l'agriculteur se traduit de plusieurs manières. Plusieurs travaux ont montré les effets positifs des stratégies de gestion de risque sur le bien-être de l'agriculteur et son ménage. D'abord au niveau de la ferme, l'agriculteur peut opter pour des mesures qui lui permettent de réduire les conséquences du risque sur son revenu suite à la baisse de la production. Ceci, en diversifiant les cultures pour minimiser le risque agricole global ; en adoptant la technologie la moins risquée, en collectant l'information susceptible de permettre une meilleure planification des cultures ou d'utiliser la technologie appropriée. Hors de la ferme, l'agriculteur peut également diversifier les sources de revenus, en investissant dans plus d'une activité génératrice de revenus; partager le risque avec un établissement Volume XX Issue IV Version I # ( E ) d'assurance (ce qui est peu opérationnel pour la plupart des PED) ou réseau informel ou avec soi-même (épargne de précautions). Les autres mesures telles que les contrats de vente et négociation future par exemple sont, pour le cas des petits exploitants agricoles, moins utilisées. Les ménages font plus recours aux stratégies informelles qui sont plus pratiques (Anderson, 2001). Dans cet article, nous nous intéressons aux stratégies d'adaptation ex ante adoptées dans les différents espaces agroclimatiques de la région. Un ménage peut implémenter plus d'une stratégie. Mais l'adoption d'une stratégie peut être corrélée à l'adoption d'une autre. Elles peuvent également être adoptées simultanément. Ce qui pourrait cause le problème d'endogenéité. Le test d'endogenéité permettra de confirmer cette hypothèse et par conséquent la méthode d'estimation appropriée sera utilisée. # c) Données utilisées et statistiques descriptives Les données utilisées dans cette étude proviennent de l'enquête menée auprès des ménages agricoles des trois espaces agro climatiques (EAC) de la région de l'Extrême-nord . Comme EAC, il s'agit des plaines, des montagnes et des plaines inondables. Nous supposons que la moindre variation de la température moyenne ou de la pluviométrie moyenne peut entrainer une variation importante de la production agricole. De plus, la décision d'adopter une stratégie d'adaptation peut dépendre des réalités climatiques de l'espace où l'agriculteur mène ses activités (Annexe 1). C'est la raison pour laquelle, l'appartenance géographique a constitué un critère principal d'échantillonnage. Le second critère d'échantillonnage a porté sur l'appartenance ethnique. Nous supposons que les individus appartenant au même groupe ethnique, ont tendance à recourir aux mêmes stratégies de gestion de risques. La stratification à plusieurs degrés a permi s de définir un échantillon de 355 ménages repartis dans les trois EAC et 13 villages. Les zones rurales ont été choisies parce que les ménages agricoles y sont concentrés. L'enquête a permis de collecter les données sur l'adoption des stratégies d'adaptation ex ante (selon la catégorisation proposée par Lekprichakul, 2009 3 ), les caractéristiques du ménage, les revenus tirés des activités agricoles et non agricoles, et la communauté. Les revenus tirés des différentes activités du ménage ont été calculés à partir des informations recueillies sur la production totale, le prix moyen de vente, les coûts totaux de production, le revenu net, etc. Les données ont été collectées sur la période allant de septembre 2019 à octobre 2019. Elles concernent la compagne agricole de mai 2018 à avril 2019 4 . Un questionnaire bien structuré a été administré aux chefs des différents ménages sélectionnés 5 Concernant les caractéristiques des ménages, on peut noter que 88,22% des chefs de ménage sont mariés contre 0,2% de célibataires. La plupart des chefs de ménages ne sont pas qualifiés, c'est-à-dire n'ont subi aucune formation même sur le tas (78,17%). Leur plus grande occupation secondaire est l'élevage, suivie du petit commerce. Environ 64% des chefs de ménages croient qu'il est possible de répondre aux risques climatiques contre 35,10% qui pensent le contraire. Ces derniers pensent que les années de bonnes récoltes dépendent uniquement de la volonté (chrétiens et musulmans) ou de l'humeur des ancêtres, des dieux (animistes). 93,12% des ménages enquêtés ont déjà fait face, dans le passé, au choc de baisse de revenu. Seulement 3,2% des répondants déclarent avoir n'avoir jamais connu la baisse de revenu dans le temps. La taille moyenne des ménages est de 9 membres. La taille minimale est de 2 membres et la taille maximale est de 32 membres. La majorité des ménages habitent dans les cases traditionnelles (72,39%), sauf 11,83% habitent dans des constructions modernes. La religion . Les informations collectées donnent des détails importants que nous pourrons exploiter dans la sous-section consacrée à l'analyse descriptive. Les statistiques descriptives concernant l'adoption des différentes stratégies d'adaptation ex ante sont reportées dans les tableaux 3.1, 3.2, 3.3, 3.4 et 3.5 (voir Annexe 2). On peut donc constater que les ménages agricoles de la région de l'Extrême-nord font recours aux différentes stratégies d'adaptation ex ante proposées par Lekprichakul (2009). Cependant, ces stratégies sont adoptées à des niveaux de proportions différentes. La stratégie la plus adoptée est l'autosuffisance alimentaire (99,43%) suivie de la stratégie de partage de risque via soi -même (93,52%), la stratégie d'utilisation de la technologie agricole (90,70%°), la stratégie de diversification (84,22%), la stratégie de spécialisation (46,19%), la stratégie de partage de risque via les réseaux sociaux (38,02%) et la stratégie de migration (32,95%). La forte adoption de la stratégie d'autosuffisance alimentaire est due au fait que les ménages craignent la fluctuation des prix des denrées alimentaires sur le marché. N'étant pas sûrs des revenus qu'ils pourront tirer des cultures de rentes (coton, oignon, arachide dont les prix varient aussi beaucoup), ils choisissent de produire les quantités nécessaires à l'autoconsommation. dominante est le christianisme suivi de l'animisme et de l'Islam. Les musulmans sont peu concentrés en milieu rural. En ce qui concerne les caractéristiques climatiques, les coefficients de variation de la pluviométrie moyenne et de température moyenne 6 III. # Méthodologie , ils varient en fonction de l'espace agroclimatique (EAC). Les coefficients calculés à base de données climatiques du ministère en charge des transports, indiquent la pluviométrie moyenne de l'année 2018 en question est plus en hausse dans les montagnes (1,12) et dans les plaines (1,11). Dans les plaines, il est relativement moins en hausse. Pour la température moyenne, on peut constater qu'elle est faiblement en baisse dans les trois EAC, ceci à de petits degrés de différence. La hausse la pluvi ométrie moyenne et la baisse de la température moyenne est une bonne chose pour la production agricole. On devrait s'attendre à ce que ces coefficients aient un effet positif sur le revenu des ménages agricoles. ?? ???? = ? 1 ??????????é??????????????????????????????????é???????? ? ?????????????????????????????????? 0 ?????????? (i) ?? ???? est l'adoption de la stratégie ?? par le ménage ??. Il permet de mesure les différentes stratégies adoptées par le ménage agricole. ?? varie de 1 à 7. Un ménage peut adopter une ou plusieurs stratégies. # b) Mesure du bien-être La mesure du bien-être ne fait pas l'unanimité entre les chercheurs. L'approche monétaire du bien-être fait est largement contestée, mais reste plus utilisée. Ainsi, mesurer le bien-être via la consommation semble meilleur que de le mesurer à travers le revenu, même si le revenu est un déterminant important de la consommation. Dans cet article, nous utilisons le revenu pour mesurer le bien-être des ménages, ceci pour deux raisons. Premièrement, la littérature renseigne que les stratégies d'adaptation ex ante visent à lisser le revenu ; ce revenu par conséquent peut être utilisé pour le lissage de la consommation (Kochar, 1999). La seconde porte sur le fait que le revenu des ménages calculés dans cette étude tient compte de l'autoconsommation. La partie de la production consommée par le ménage est intégrée dans le revenu total. Suivant l'approche du produit intérieur brut par tête, nous utilisons le revenu moyen par habitant pour capturer le niveau de bien-être des ménages agricoles. Il est exprimé comme suit : ???????????? ?? = ???????????? ?? ?? ?? (ii) Avec ???????????? ?? le revenu total du ménage ??, le revenu par habitant du ménage ?? et ?? ?? la taille du ménage ??. Pour mesurer le niveau du bien-être des ménages via le revenu, il est important d'utiliser les revenus réels. C'est ceux-ci qui permettent d'indiquer le pouvoir d'achat du ménage. Le revenu réel s'obtient en corrigeant le revenu nominal de l'effet de l'inflation. Ne disposant pas d'informations suffisantes p our calculer les revenus réels des ménages agricoles et s'inspirant des travaux d 'Asfaw et al, (2015), nous avons procédé d'une autre façon. Nous mesurons la variation du niveau de bien-être des ménages agricoles par rapport au revenu moyen de la communauté (EAC). Ce qui permet de comparer le revenu des ménages adoptant un type de stratégie d'adaptation ex ante à celui des ménages qui ne l'adoptent pas. Le revenu moyen de la communauté (EAC) est calculé c omme suit : ?????????? = ? ???????????? ???? ?? ?? (iii) ? ???????????? ???? est la somme des revenus des ménages de l'EAC ?? et ?? ?? est taille de l'EAC ??et ?????????? , le revenu moyen de l'EAC. La différence entre le revenu du ménage et le revenu moyen de la communauté (EAC) est donnée par l'expression suivante : ??????????????????????? = ???????????? ?? ??????????? ?? ?? (iv) ??????????????????????? est la variation de revenu/habitant du ménage par rapport au revenu moyen par habitant de la communauté (EAC). Cette différence peut être négative, c'est-à-dire < 0. Pour faciliter les estimations, Asfaw et al, (2015) proposent de ramener les différences de revenus négatives à 0. ???? ?? = ð??"ð??"(?? ???? , ?????? ?? , ?????? ?? , ?????? ?? ) (vii) Où ???? ?? représente le bien-être du ménage ??, ?? ???? , la ou les stratégies adopté(es) par le ménage ??, ?????? ?? est l'ensemble des caractéristiques du ménage ?? (l'âge, statut matrimonial, qualification, occupation du chef de ménage, la croyance du chef de ménage par rapport à la possibilité de répondre aux risques climatiques, la baisse de revenu qu'a connu le ménage dans le passé, la taille du ménage, le nombre de membre âgés de plus de 15 ans, le type de l ogement dans lequel vit le ménage) ; ?????? ?? est l'ensemble des caractéristiques de la communauté (la religion majoritaire de la commune ?? qui abrite le lieu de résidence du ménage ??), ?????? ?? représente l'ensemble des caractéristiques du climat de l'EAC ?? (il s'agit principalement des coefficients de variations de la pluviométrie moyenne et la température moyenne). L'adoption des stratégies d'adaptation est fonction des caractéristiques du ménage (Mbugua et al, 2019 ; Twongyirwe et al, 2019 ; Mehar et al, 2016). L'âge, le statut matrimoniale, le sexe, la qualification, l'expérience du chef de ménage peuvent déterminent l'adoption des stratégies d'adaptation. La taille du ménage aussi peut constituer un facteur. Un ménage disposant de plusieurs membres en âge de travailler, pourrait être plus disp osé à prendre des mesures de gestion de risques étant donné qu'elles ne sont pas coût. Mais, il est généralement reconnu que la taille du ménage a un effet négatif sur le bien-être du ménage (Ijaiya et al, 2009). Le type de logement peut indiquer le niveau de vie du ménage. Un ménage qui vit dans une construction moderne est supposé avoir plus de moyen qu'un ménage qui vit dans une case traditionnelle. Le comportement de la communauté peut également influencer la décision du ménage. Une communauté dont les croyances supposent que tout ce qui arrive émane de la volonté de Dieu aura tendance à ne rien faire face au risque. L'ad option peut aussi dépendre des réalités spécifiques au territoire où vit l'agriculteur. Dans une zone où les récoltes sont généralement abondantes, les agriculteurs seront moins motivés à adopter des stratégies d'adaptation. L'efficacité des stratégies d'adaptation implémentées peut également dépendre des conditions agroclimatiques et socioéconomiques (Shiferaw et al, 2014). # d) Spécification du modèle Nous adaptant le modèle empirique présenté ci-haut aux spécificités de la région de l'Extrême-nord afin de voir si les stratégies d'adaptation ex ante ont un effet positif ou négatif sur le bien-être des ménages agricoles. La spécification du modèle tient compte des données primaires collectées auprès des ménages agricoles. S'inspirant du modèle de Gujarati, (2003), la variable dépendante est le bien-être et les variables indépendantes sont : les différentes stratégies d'adaptation ex ante, l'âge, statut matrimonial, qualification, occupation du chef de ménage, la croyance du chef de ménage par rapport à la possibilité de répondre aux risques climatiques, la bai sse de revenu qu'a connu le ménage dans le passé, la taille du ménage, le nombre de membre âgés au moins de 15 ans, le type de logement du ménage, la religion majoritaire de la commune qui abrité le village du ménage i, et les coefficients de variations de la pluviométrie moyenne et la température moyenne. Le modèle spécifié de cette étude se présente comme suit : ) après la région du Centre. Le IV. ?????????? ?? = ?? 0 +?? 1 ???????????????????????????? + ?? 2 ?????????????????????????????????????? # Résultats et Discussion Les résultats de la régressi on sont reportés dans le tableau ci-dessous. Il est difficile de conclure de manière péremptoire que les stratégies d'adaptation ex ante ont un effet positif sur le bien-être des ménages agricoles de la région de l'Extrême-nord du Cameroun. Volume XX Issue IV Version I Effets Des Strategies D'adaptation Ex Ante Et Bien Ëtre Des Menages Agricoles nombre de personnes vivant sous le seuil de pauvreté est estimé 74,3% alors que la moyenne nationale du taux de pauvreté se situe à 34,5%. L'agriculture est la principalement activité des populations rurales qui sont en fait majoritaires. Troi s types de relief constituent les espaces agroclimatiques de la région : les plaines, les montagnes et les plaines inondables. L'agriculture quasiment pluviale se tient entre le mois de mai et septembre. Les principales cultures qu'on retrouve dans la région sont le sorgho, le maïs, le riz, l'arachide, le coton, l'oignon, etc. Les céréales constituent l'aliment de base de la région. Le climat est de type soudanosahélien. La région fait face aux variabilités climatiques qui compromettent l'activité agropastorale. Depuis 2013, la région est confrontée au phénomène insécurité du fait des exactions incessantes de la secte Boko-Haram. Cette situation aggrave la pauvreté dans la région. On enregistre des milliers de déplacés internes et des pertes agricoles énormes. C'est en fait dans ce contexte de sécurité préoccupante qu'évoluent les activités de la région. Pour le premier cas, il ressort du tableau 5.1 qu'une seule stratégie d'adaptation ex ante contribue de manière positive et significative au revenu des ménages agricoles. L'adoption de la stratégie d'utilisation de la technologie agricole augmente le revenu du ménage de 190,98% par rapport au revenu moyen des ménages de la communauté (EAC). Ce résultat montre que l'utilisation des engrais, des semences améliorées, des changements de techniques agricoles, etc. permet d'accroitre les récoltes et par la même occasion le revenu du ménage. Par ailleurs, le tableau 5.1 montre que la taille du ménage a un effet négatif et significatif sur le revenu. Une augmentation de 1a taille du ménage de une unité entraine une diminution de son revenu de 261 Fcfa 8 par habitant. Ce résultat peut s'expliquer par le fait que les ménages qui ont une taille importante ont majoritairement constitués des enfants ayant moins de 15 ans. Par conséquent, ils ont moins de membres actifs, ce qui réduit le niveau de revenu par habitant. Plusieurs autres stratégies d'adaptation ex ante semblent avoir un effet p ositif sur le revenu des ménages agricoles, même si leurs coefficients ne sont pas significatifs 9 L'adoption des stratégies de migration, de partage de risques via soi-même, de partage de risques via les réseaux sociaux et d'autosuffisance alimentaire, . 8 Fcfa: Franc de l a communauté financière africaine. C'est la monnai e utilisée au Cameroun 9 La non signification de ces variables peut être due à un problème d'échantillonnage. augmentent le revenu du ménage agricole respectivement à hauteur de 99,46% , 23,90%, 64,71% et 91,57%. Par ailleurs, le nombre des membres du ménage âgés d'au moins 15 ans influence positivement le revenu. Plus un ménage constitué de membres ayant l'âge de travailler, plus son revenu 152% par rapport au revenu moyen de la communauté. La faible significativité de ces variables peut également être due à un problème d'échantillonnage. Toutefois, on peut conclure qu'un nombre important de stratégie d'adaptation ex ante ont un effet positif sur le revenu des ménages agricoles. Le dernier cas de figure montre la stratégie de spécialisation a un effet positif et significatif sur le revenu. L'ad option d'une telle stratégie entraine une diminution de revenu à hauteur de 200%. On peut penser que les ménages agricoles qui ne diversifient pas leurs activités ou leurs cultures ont plus de chances de voir leur revenu bai sser par rapport à ceux qui les diversifient (une baisse de 73,5% contre 200%). Les deux stratégies ont un effet négatif sur le revenu des ménages. Ces résultats peuvent s'expliquer par le fait que les ménages agricoles n'implémentent pas bien ces stratégies. Ils optent pour des activités alternatives peu rentables. Ceux qui se spécialisent dans une activité (agriculture uniquement) ou une seule culture céréalière ne le font pas dans l'optique de maximiser leur production. Ils cherchent juste à assurer l'autosuffi sance alimentaire ce qui échoue généralement lorsque les c onditions climatiques sont mauvaises. V. # Conclusion Les ménages agricoles de la région de l'Extrême-nord font face aux ri sques climatiques. Les rendements agricoles sont compromis. Pour éviter les effets néfastes de ces ri sques, ils font recours à différentes stratégies d'adaptation ex ante, parmi lesquelles la migration, l'utilisation de la technologie agricole, le partage de risques via soi-même ou via les réseaux sociaux, la diversification, l'autosuffisance alimentaire et la spécialisation. L'adoption de ces stratégies dépend fortement des caractéristiques du Les résultats de l'estimation sont mitigés. Si certaines stratégies d'adaptation ex ante semblent avoir un effet positif sur le revenu des ménages agricoles qui les adoptent, d'autres par contre ont un effet négatif. Les stratégies qui ont un effet négatif sur le bien-être des ménages agricoles sont en effet opposées. Il s'agit de la diversification et de la spécialisation. Les effets négatifs de ces stratégies s'expliquent par la faible capacité des agriculteurs à diversifier les activités et les cultures. La diversification des activités ou des cultures nécessite des moyens alors que la plupart des ménages agricoles de la région sont pauvres. Par ailleurs, le contexte économique de la région n'est pas favorable aux opportunités économiques. Il n'est pas facile d'obtenir un emploi rémunéré. Ceci est d'autant plus difficile pour les ruraux qui sont majoritairement non qualifiés. Et lorsqu'ils optent pour la spécialisation, la culture céréalière choisie est peu rentable. L'occurrence des mauvaises conditions climatiques a des effets très néfastes sur les récoltes qui constituent en fait la principale source de revenu et de nourriture. Ainsi, pour inverser et améliorer les effets des stratégies d'adaptation ex ante sur le bien-être des ménages agricoles, les pouvoirs pourraient implémenter des mécanismes vi sant à renforcer la capacité des ménages agricoles. Promouvoir l'emploi en zones rurales. Créer et financer les microprojet s. Encourager les initiatives collectives. Faciliter l'accès aux semences améliorées. Promouvoir un accompagnement de proximité des agriculteurs p our qu'ils mènent à bien les différentes stratégies entreprises. ménage ;TaillMe est la taille du ménage,NbrePlus15ans est le nombre de membre du ménageayant au moins 15 ans, TypLogemntMe est le type delogementdanslequelhabiteleménage,InfluenceReligionCommunau représente la religiondominante de la commune, Les stratégies d'adaptation ex ante sont desvariables potentiellement endogènes au revenu.Plusieurs variables explicatives sont potentiellement desvariables instrumentales. Différents tests sont effectuéset les méthodes appropriées sont utilisés pourl'estimation. A l'aide de STATA 14, les testsd'hétéroscédasticité, d'endogenéité et de validité desinstruments ont été effectués. La méthode des momentsgénéralisés est utilisée de par sa capacité à corriger lesproblèmes d'hétéroscédasticité et d'endogenéité desvariables (Baum et al, 2003).e) Présentation de la zone d'étude et de la procédured'échantillonnageLa région de l'Extrême-nord est l'une des 10régions que compte le Cameroun. Elle est située aunord du pays et est frontalière du Tchad et du Nigéria.Elle compte 47 communes réparties dans 7départements. C'est la région la plus peuplée (environ4,3 millions d'habitants 7(viii)Où StratMigration est la stratégie de migration,la stratégie de diversification, StratAutosuffisance est laStratUtilisationTechAgri est la stratégie d'utilisation de lastratégie d'autosuffisance (alimentaire), StratSpecialisattechnologie agricole, StratPartagRiskViaSoiMem est laest la stratégie de spécialisation de l'activité (agricole)stratégie de partage de risques via soi-mêmeou de la culture principale, Age, StatMatChMe,(constitution de l'épargne de précaution, par exemple),QualiChMeetOccupSeChMereprésententStratPartagRiskViaResSo est la stratégie de partage derespectivement l'âge, le statut matrimonial, larisques via les réseaux sociaux, StratDiversification estqualification et l'occupation secondaire du chef de7 AnnexesAnnexe 1: Sites d'enquêteEspace agroclimatiqueDépartement CommunesVillageNombre de répondantStrate ou EACGroupe ethnique majoritaireTaille retenuTaille de l'échantillon globalMayo-TsanagaMozogomodoko30Mafa29Mayo-KaniMoutourwa KaéléLaf Boboyo30 40Guiziga Moundang26 38Strate 1 « Plaines »Mayo-SavaTokombéré MoraMada-kolkoch Mémé16 301Mada Hourza15 29Strate 2 « Montagnes »Diamaré Mayo-Tsanaga Mayo-SavaMéri Mogodé Mokolo TokombéréTchéré Gouria Mofole Bzamtang32 36 30 162Moufou Kapsiki Mafa Mada30 35 29 16355TchatibaliKaolaré30Toupouri29Strate 3 « Plaines inondables »Mayo-Danay Logone et ChariGuéré Kai-kai Logone-BirniBogol-Palam Mangal Houlouf32 32 183Massa Mousgoum Kotoko30 32 17 Year 2020 © 2020 Global Journals Effets Des Strategies D'adaptation Ex Ante Et Bien Ëtre Des Menages Agricoles Lekprichakul (2009) distingue les stratégies d'adaptation ex ante des stratégies d'adaptation ex post. Les premiers regroupent les stratégies telles que la migration (mariage de la jeune fille, la diversification spatiale, etc.), l'utilisation de la technologie agricoles (semences améliorées, changement de technique agricole, etc.), le partage de risque via soi-même, le partage de risque via les réseaux sociaux, la diversification (horizontale et/ou verticale), l'autosuffisance, la spécialisation (d'activité ou de culture). Year 2020Effets Des Strategies D'adaptation Ex Ante Et Bien Ëtre Des Menages Agricoles Calcul és selonAsfaw et al., (2015) est le quotient entre l a pluviométrie moyenne d'une année et la pluviométrie moyenne de longue période(10 ans, 20 ans, etc.) -------------------------------------------------------------------------- | Proportion Std. Err. [95% Conf. Interval] - ------------------------+----------------------------------------------- -------------------------+----------------------------------------------- -------------------------+----------------------------------------------- ------------------------+----------------------------------------------- -------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------- ----------------+------------------------------------------------LogAgeChMe | 1.638475 .0065492 1.625595 1.651356 -------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------| Proportion Std. Err. ----------------+----------------------------------------------- ----------------+----------------------------------------------- ----------------+----------------------------------------------- ----------------+----------------------------------------------- ----------------+----------------------------------------------- ------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------- ---------------------------------+----------------------------------------------- ----------------------------------------------------------------------------------proportionTypLogemntMe --------------------------------------------------------------------------| Proportion Std. Err. [95% Conf. Interval] - ------------------------+----------------------------------------------- ---------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------- ---------------------------+----------------------------------------------- -------------------------------------------------------------------------- ------------------------------------------------------------------- -------------------+----------------------------------------------- ------------------+----------------------------------------------- --------------------------------------------------------------------Coefficient de variation de la pluviométrie moyenne et de la température moyenne au cours des deux dernières décennies Global Journals Guidelines Handbook 2020 www.GlobalJournals.org ## [95% Conf. 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