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        <journal-title>Global Journal of Human Social Sciences</journal-title>
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          <subject>Social Science</subject>
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        <article-title>La Migrance Littéraire: Entre Description Du Pays D'origine Et Textualisation De L'intégration Du Migrant A L'espace D'accueil</article-title>
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        <institution content-type="orgname">Universite de Maroua-Cameroun</institution>
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      <abstract>
        <sec>
          <p>Le déséquilibre socio-économique entre le Nord et le Sud est la raison primordiale à l?immigration des sujets africains vers l?Occident. C?est pour échapper aux dures réalités de l?Afrique que les Africains vont à la recherche d?une vie plus digne ou d?une gloire souvent vaine. Cet article vise à montrer que les différentes vicissitudes qui entravent la vie du migrant dans le pays d?accueil sont à l?origine de multiple crises dont est victime ce dernier. Nous arrivons à la conclusion que le traitement du migrant est essentiellement avilissant et son intégration au pays d?accueil est complètement humiliante voire vicieuse.</p>
        </sec>
      </abstract>
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        <title>Keywords: </title>
        <kwd>espace</kwd>
        <kwd>exclusion</kwd>
        <kwd>immigration</kwd>
        <kwd>intégration</kwd>
        <kwd>migrance</kwd>
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    <sec>
      <title>Introduction</title>
      <p>il est vrai que l'un des objectifs visé par le processus de mondialisation était l'émergence d'un véritable citoyen du monde afin de confirmer le principe quasi-universel selon lequel la migration est consubstantielle à l'espèce humaine, l'on constate que des frontières sont érigées dans le but d'empêcher cette mobilité. C'est ce que constate Bi Kacou Parfait Diandue lorsqu'il note que la notion de migration a partie liée avec la nature profondément erratique de l'Homme. Les nations s'étant formées et les Etats délimités, la migration est aujourd'hui régie par des lois qui la posent de facto comme une sélection. Elle n'est plus un phénomène naturel assurant la jonction entre les états de nomadisme et de sédentarisation. Elle est surtout l'exode contrôlé et réglementé des populations pauvres vers des zones riches ou supposées telles. <xref ref-type="bibr" rid="b0">1</xref> Notre réflexion a pour objectif de questionner les motivations de la traversée spatiale et les modalités de l'intégration mieux, du devenir du migrant dans l'espace d'accueil. En clair, il s'agira, dans un premier temps, de travailler sur le passage de la communauté d'origine pour le pays dit d'accueil. L'analyse de la motivation à la migration prendra appui sur la réflexion de Daniel Sibony qui situe la migration, mieux la traversée entre deux modalités : le voyage de l'appel et le voyage de l'origine. Le premier renvoie à l'idée de recherche du paradis, non pas dans le sens de lieu de satisfaction de son incomplétude matérielle, mais dans le sens d'un exutoire où le personnage se reconstruit. Aussi, « le ressort du voyage étant le désir de se « refaire », de produire quelque chose d'autre que soi où l'on puisse se reconnaitre, se méconnaitre, à travers quoi on puisse fuir l'horreur de soi, apaiser sa soif d'autre, d'autre chose, et partant donner au soi une certaine consistance 2 ». Ce premier versant, qui est, à maints égards, assimilable au voyage spirituel, est doublé d'un deuxième type, le voyage de l'origine, qui se caractérise fondamentalement par le déplacement spatial. En ce sens, il constitue une quête de l'Ailleurs et une satisfaction des fantasmes. Par ailleurs, nos analyses nous conduiront à porter un regard sur le rapport du migrant à son espace d'accueil. Cette deuxième articulation de notre travail s'intéressera, à la lumière de 53cm (1999) de la gabonaise Bessora et de Debout-payé (2014) de l'écrivain ivoirien Gauz, au devenir des personnages migrants dans l'espace d'accueil <xref ref-type="bibr" rid="b3">3</xref> 2 Daniel, Sibony 1991. Entre-deux. L'origine en partage, Paris, Seuil, Coll. « Points/Essais », p.302. <xref ref-type="bibr" rid="b3">3</xref> Le corpus retenu thématise des situations de migration de l'Afrique vers l'Europe. De ce point de vue, qualifier les textes de romans de migration permet de faire ressortir la configuration ternaire établie par Catherine Mazauric, à savoir que leurs auteurs sont des migrants (ils n'écrivent pas depuis leurs lieux de naissance), qu'il s'agit de représentations textuelles d'expérience de migration, enfin « que le parcours enclenché par de tels récits, outre qu'il met en question une certaine territorialité, est de l'ordre du déplacement et de la reconfiguration ». Nous renvoyons à Catherine, Mazauric 2011. « Lambeaux d'Afrique en terre d'ailleurs ». In : Christiane, Albert ; Rose-Marie, Abomo Maurin, Xavier, Garnier et Gisèle Prignitz (sous la direction de) Littératures africaines et territoires, Paris, Khartala : 225-235. Ici p.225.</p>
      <p>. Nous orienterons notre analyse vers la dimension conflictuelle et adversative à l'oeuvre dans ces textes pour montrer comment la question raciale travaille les récits afin de rendre visible les formes de marginalisation et d'exclusion qui font entrave à l'intégration du migrant. L'histoire relève que la migration n'est pas la condition de « l'homme moderne », mais celle de l'humanité tout entière depuis qu'elle a commencé son expansion. Toutefois, les formes et les logiques migratoires se modifient profondément au cours du temps, créant chaque fois des stéréotypes qui, bien que contradictoires, se sont ancrés dans l'imaginaire. Dans le contexte de la globalisation, nous assistons, par exemple, à une dynamique contradictoire où l'abolition des frontières et la promotion d'une circulation, sans entraves, des biens et des personnes s'accompagne d'un désir de contrôler les frontières et de maîtriser ou, du moins, de réguler les flux migratoires. Cette perspective est au service du politique qui se fonde sur une détermination cloisonnante de l'immigré dans le but de justifier sa répression et, par là, légitimer la fermeture des frontières. Pourtant, les motivations à la migration sont latentes en chaque individu et sont sous-tendues par un désir d'altérité inconscient. Ce désir est la manifestation d'une incomplétude ou d'un manque spirituel que chaque sujet veut combler dans l'autre. Par conséquent, « la traversée devient une quête de Soi en l'Autre, une quête d'un paradis originel jadis perdu et à retrouver . <xref ref-type="bibr" rid="b5">5</xref> ». La littérature thématise bel et bien le phénomène migratoire en accordant une place de choix aux motivations du départ et à l'intégration du migrant à l'espace d'accueil <xref ref-type="bibr" rid="b6">6</xref> D'Homère qui en fit un mythe en passant par Guillermo Cabrera Infante qui fut contraint de s'y soumettre, la migration est intimement liée à la littérature. Du bannissement politique aux motivations . <xref ref-type="bibr" rid="b4">4</xref> Paul-André Rosental, « MIGRATIONS -Histoire des migrations », Encyclopaedia Universalis [en ligne], URL: http://www.universalis.fr/ encyclopedie/migrations-histoire-des-migrations (consulté le 28 Juillet 2014). Le Ventre de l'Atlantique de Fatou Diome décrit la vie des habitants de l'île sénégalaise de Niodior, en particulier la vie de la narratrice Salie et de son demifrère Madické. Salie vit en France, alors que Madické, resté au Sénégal, rêve de la rejoindre et de réussir comme footballeur en France. Le roman est en partie autobiographique puisque Salie, comme Diome, est écrivain, originaire de Niodior et habite Strasbourg. Le roman s'inscrit dans une tradition postcoloniale mettant en question les rapports de pouvoir entre la France, ancien pays colonisateur, et le Sénégal, ancien pays colonisé. Le roman ne présente, toutefois, ni une vue complètement occidentale, ni une vue africaine puisque la narratrice mélange les perspectives. Elle décrit la vie de son île natale à partir de la France où elle habite désormais et son expérience de l'Occident vient se surimposer à ses racines africaines. Tout naturellement se pose alors la question des rapports entre la France et le Sénégal. La France est un point de référence omniprésent et elle est définie comme un paradis par la plupart des habitants de Niodior : « Au paradis on ne peine pas, on ne tombe pas malade, on ne se pose pas de questions : on se contente de vivre, on a les moyens de s'offrir tout ce que l'on désire, y compris le luxe du ». <xref ref-type="bibr" rid="b10">10</xref> Abdelamalek, Sayad 1999. La double absence : des illusions de l'émigré aux souffrances de l'immigré, Paris, Le Seuil, p.56. <xref ref-type="bibr" rid="b11">11</xref> Susanne, Gehrmann: « Migration africaine et modernité dans les essais autobiographiques de Manthia Diawara » In: TRANS. Internet-Zeitschrift für Kulturwissenschaften. N°. 17/2008: http://www.inst.at/ trans/17Nr/3-4/3-4_gehrmann.htm(Consulté le 02 Octobre 2015).</p>
      <p>temps et cela rend forcément disponible. Voilà comment Madické imaginait ma vie en France » (VA : 50) <xref ref-type="bibr" rid="b12">12</xref> . Si la France est considérée comme étant le paradis, c'est dire que l'île de Niodior est un espace dysphorique. Dans ce contexte représenté par le roman de Fatou Diome, cette atmosphère sociale faite de pauvreté, de corruption, d'insécurité, de précarité et de désespoir alimente un imaginaire social qui fait de l'Ailleurs un Eldorado et de la migration l'une des voies privilégiées de survie, de la réussite individuelle et de la promotion sociale. Pour les Niodiorois, rien ne semble difficile dans l'Ailleurs et la vie de ceux qui y habitent est idéalisée. Selon les habitants de Niodior, en France, tout le monde est riche et ne manque de rien. La richesse des Français est un thème récurrent dans le roman. La vision étriquée de l'Hexagone se nourrit de nombreux « clichés verbaux ». Les esprits immatures voient alors en la France « un espace mythique de la réussite et de la consécration <xref ref-type="bibr" rid="b13">13</xref> ». La France est associée à la richesse matérielle, celle qui impressionne les voisins: « Ici, la friperie de Barbès vous donne un air d'importance, et ça, ça n'a pas de prix » (VA : 35). Tout ce qui vient de France constitue un objet d'envie, même ce qui en France serait considéré comme de la pacotille. Une conséquence de l'idéalisation de la France, issue de la colonisation, est aussi la déstabilisation de l'économie locale: « L'île regorge de vieillards [?] et de femmes d'émigrés encerclées par une marmaille qui consomme à crédit sur la foi d'un hypothétique mandat » (VA: 41). A l'analyse du roman de Fatou Diome, l'on voit bien que le texte de migration prend forme selon les conditions existentielles du pays d'origine comme le souligne si bien Simon Harel pour qui l'écriture migrante est « l'aboutissement tragique et lyrique de la condition immigrante <xref ref-type="bibr" rid="b14">14</xref> ». Il ajoute que « ces écrits mettent l'accent sur la situation de l'immigrant par rapport [?] à la réalité qu'il a vécue dans son pays d'origine ou que ses parents lui ont racontée <xref ref-type="bibr" rid="b15">15</xref> Si dans les romans de la première génération d'écrivains africains, la migration en Europe était soustendue par des raisons académiques avec l'étudiant noir poursuivant ses études à Paris, le départ des Africains pour l'Occident dans les romans africains de migration à partir des années 1980 est avant tout imputable à une misère matérielle galopante. Cela s'applique particulièrement à Je vois du soleil dans tes yeux où, à en croire Blaise Tsoualla, « [?] le mouvement en direction du Nord se transforme en exode alimentaire calqué sur le circuit des oiseaux migrateurs ou des ». <xref ref-type="bibr" rid="b12">12</xref> Dans la suite de nos analyses, nous utiliserons l'abréviation VA pour Ventre de l'atlantique suivie de la page. <xref ref-type="bibr" rid="b13">13</xref> Jacques, Chevrier 1998. « Note de lecture de Bleu Blanc Rouge. » In: Notre Librairie, n° 135, Septembre-Décembre: 26-27. <xref ref-type="bibr" rid="b14">14</xref>   <xref ref-type="bibr" rid="b20">19</xref> De l'avis de Clément Dessy, « l'attraction exercée par la métropole sur les colonisés africains et leur fascination pour [l'Occident] ont également abouti à la transcription de ce mythe littéraire dans la littérature africaine . du nouveau monde et qui désigne sous ses formes traditionnelles le « voyage à l'endroit », de l'Europe vers l'ailleurs, « le voyage à l'envers» désigne l'itinéraire qui conduit le voyageur de ces ailleurs vers le vieux continent <xref ref-type="bibr" rid="b22">21</xref> ». Cet itinéraire, selon Fonkoua, a été emprunté par trois groupes d'écrivains dans l'élaboration de l'espace de leurs textes. Il s'agit des écrivains Noirs-américains qui ont pratiqué « le voyage pittoresque à l'envers »; des écrivains des anciennes colonies françaises d'Afrique qui ont effectué « le voyage avant à l'envers » et enfin des écrivains des nouveaux départements français d'outre-mer dont le motif était « le voyage philosophique à l'envers <xref ref-type="bibr" rid="b23">22</xref> [?] pousse les populations les plus pauvres du globe vers les régions où se concentrent l'opulence économique, les exercices de justice sociale, la mise à l'épreuve de la démocratie, le rayonnement intellectuel et artistique et l'invention de la culture de divertissement. Tous ces éléments constituent un idéal rêvé qui se manifeste par un appel au départ, une chute dans l'exil ». Dans tous les cas, l'analyse de la motivation à la migration dans les textes montre qu'il y a chez les personnages un manque qu'il faut combler en traversant les frontières. A cela s'ajoute le fait d'une situation de crise toujours persistante qui fait que les immigrés originaires des pays du Sud voient le Nord comme un refuge qui peut les aider à affronter l'avenir sous de meilleurs auspices. Paul Ricoeur justifie le flux migratoire actuel par le « tropisme » qui. 23   Salie la narratrice de Fatou Diome est consciente de l'obsession de son jeune frère. Elle fait remarquer: « Mon frère avait la ferme intention de s'expatrier. Dès son plus jeune âge, ses aînés avaient contaminé son esprit. L'idée du départ, de la réussite à aller chercher ailleurs, à n'importe quel prix, l'avait bercé; elle était devenue, au fil des années, sa fatalité. L'émigration était la pâte à modeler avec laquelle il comptait façonner son avenir » (VA: 190). La narratrice évoque d'ailleurs cette soif d'exil de Madické en ces termes: « Une seule idée inondait son cerveau partir, loin; survoler la terre noire pour atterrir sur cette terre blanche qui brille de mille feux. » (VA: 189) Le retour en Afrique de l'homme de Barbès fait l'objet, sur place, d'une remarquable attention. Investi de la légitimité de l'expérience, l'homme de Barbès fournit aux jeunes de l'île un compte rendu circonstancié affirmant que les Français sont « très riches », qu'ils vivent dans les « appartements luxueux » avec l' « électricité » et l' « eau courante ». Pour la jeunesse locale, ce genre de . <xref ref-type="bibr" rid="b22">21</xref> Romuald-Blaise, Fonkoua 1999. « L'espace du « voyageur à l'envers », In: Jean, Bessière, Jean-Marc, Moura, (Textes réunis par) Littératures postcoloniales et représentations de l'ailleurs-Afrique, Caraïbes, Canada, Paris, Honoré Champion, p.99. <xref ref-type="bibr" rid="b23">22</xref> Idem. <xref ref-type="bibr" rid="b24">23</xref> Paul, Ricoeur 2000. Migrations et errances, Paris, Grasset, P. 16.   discours suscite l'engouement. Salie, la soeur de Madické note à propos de cet engouement:</p>
      <p>Mon frère galopait vers ses rêves de plus en plus orientés vers la France. Il aurait pu désirer se rendre en Italie, mais il n'en était rien. Les fils du pays qui dînent chez le président de la République jouent en France. Monsieur Ndétare qui lui apprenait la langue de la réussite, avait étudié en France. La télévision qu'il regardait venait de France et son propriétaire, l'homme de Barbès, respectable notable au village, n'était pas avare en récits merveilleux de son odyssée (VA: 93).</p>
      <p>Le récit de migration de l'homme de Barbès montre que le processus migratoire participe d'une promotion sociale de la famille en vue de soutenir l'espoir des siens. La fixation sur l'Occident dont la France est ici la représentation métonymique pourrait, si l'on s'en tient aux extraits précédents, procéder d'emblée du complexe de l'ex-esclave et ex-colonisé qui, parce qu'il n'a jamais cru en lui, ne s'est véritablement pas préoccupé de sa décolonisation mentale. Chez Fatou Diome, ce complexe du colonisé pousse la narratrice à noter: Après la colonisation historiquement reconnue règne maintenant une sorte de colonisation mentale: les jeunes joueurs vénéraient et vénèrent encore la France. A leurs yeux, tout ce qui est enviable vient de France. Tenez, par exemple la seule télévision qui leur permet de voir les matchs vient de France. Son propriétaire, devenu un notable au village, a vécu en France. L'instituteur, très savant, a fait une partie de ses études en France. Tous ceux qui occupent des postes importants au pays ont étudié en France. Les femmes de nos présidents successifs sont toutes françaises. Pour gagner des élections, le Père-de-lanation gagne d'abord la France. Les quelques joueurs sénégalais riches et célèbres jouent en France. Pour entraîner l'équipe nationale, on a toujours été chercher un Français. Même notre ex-président, pour vivre si longtemps s'était octroyé une retraite française. Alors sur l'île, même si on ne sait pas distinguer, sur une carte, la France du Pérou, on sait en revanche qu'elle rime avec chance (VA: 60).</p>
      <p>Une forte séduction de l'Ailleurs s'exerce aussi sur les Africains dans Je vois du soleil dans tes yeux. Rompre le cordon ombilical d'avec sa terre n'est pas une nécessité absolue pour les Koumkanais, mais une mode. L'Occident n'est dans l'imaginaire de l'Africain rien d'autre que « le pays du bonheur »: « Quels soucis ? Comment peut-on avoir des soucis au pays du bonheur ? » (JVS: 177). Il suffit de franchir ses portes pour subir une sorte de transfiguration. Son magnétisme est tel que lorsque Wéli annonce à sa mère son départ prochain pour la France, cette dernière commence à énumérer ses besoins immédiats:</p>
      <p>Volume XX Issue I Version I</p>
    </sec>
    <sec>
      <title>( H )</title>
      <p>Dès que tu arrives à Paris, débrouille-toi pour m'acheter des vêtements, des tissus et des parfums. On m'a parlé d'un quartier où les choses sont très moins chères. Hum comment ça s'appelle encore là ? Bar ? Barbis ? Non Barbès ? Oui c'est ça. Barbès. Il y a un magasin là hum? TATI. N'oublie pas tes frères et soeurs, ils marchent quasiment nus. Surtout envoienous de l'argent tous les trente du mois. Au moins cinq cent mille francs CFA. Ce n'est pas énorme. De toutes les façons les Blancs sont riches. Il parait que chez eux, l'argent n'est pas rare comme ici. Eyenga a même à dit sa mère qu'elle gagnait de l'argent sans travailler. Tu te rends compte ! Ici tu grilles au soleil devant tes marchandises ou tu attrapes le palu à force de rester dehors sous la pluie. Du matin au soir. Du soir au matin. Sept jours sur sept. Tout ça pour rien ! Alors que là-bas, tu t'assois la monnaie tombe. Je n'y suis jamais allée mais je sais comment ça fonctionne. Ah oui, je sais comment ça fonctionne (JVS: 165-166).</p>
      <p>De ce qui précède, on peut dire que pour les personnages de Diome et d'Etoke, l'immigration vers l'Occident représente le fait par excellence de l'accomplissement de soi. C'est ainsi qu'en essayant de fuir les dures réalités africaines, les sujets africains vont à la quête d'une dignité, d'une gloire mythique ou légendaire. L'Occident représente un exutoire, le lieu où ils pensent trouver un mieux-être. Une analyse des romans montre que la motivation à la migration est imputable au déséquilibre économique entre le Nord et le Sud. Catherine Mazauric abonde dans le même sens lorsqu'elle fait savoir que.</p>
      <p>[?] ce qui est un jeu dans la question des migrations ne relève évidemment pas, pour l'essentiel, de motifs endogènes aux sociétés d'origine. Bien au contraire, le déséquilibre colossal des rapports Nord/Sud est généralement mis en avant pour en fournir une explication première. Au-delà des généralités, au-delà de la puissance mobilisatrice du rêve européen, certains romans établissent clairement les causes objectives d'un exode qui ne doit pas tant que cela à des pulsions irrationnelles ou des rêves d'eldorado, et beaucoup plus à des réalités économiques dont les pays du nord surdéveloppé sont directement responsables <xref ref-type="bibr" rid="b25">24</xref> III. De La Relation au Pays D'accueil ou la Textualisation de L'intégration du Migrant Africain a L'espace D'accueil.</p>
      <p>. Dans sa contribution à l'ouvrage de Michel Wieviorka intitulée « Une société fragmentée: le <xref ref-type="bibr" rid="b25">24</xref> Catherine, Mazauric 2012. Mobilités d'Afrique en Europe, Op.cit ., p. 89. multiculturalisme en débat », Didier Lapeyronie fait prévaloir que l'immigré possède deux figures qui déterminent son comportement dans la société d'accueil. La première figure, celle de l'étrangeté, apparait dans le rapport du migrant à son espace d'origine. La deuxième figure se réfère à la relation avec l'espace d'accueil, et plus spécifiquement la confrontation avec le regard de l'autre, du natif <xref ref-type="bibr" rid="b26">25</xref> Bessora figure une France (parisienne) postcoloniale en transition, un espace social, dérangé, n'ayant pas encore pris la mesure de son évolution. Elle dit un monde où le vocabulaire pluriel des individus n'est plus en phase avec le lexique de la Nation qui, de fait, apparaît comme un mythe (à dissiper pour certains, à consolider pour d'autres). L'argument ici illustré par la fiction est celui de la persistance du référent identitaire . S'il est vrai que le migrant intègre les normes et les valeurs lui permettant de se mouvoir, de s'adapter, disons de s'intégrer au pays d'accueil, reste que son identité est fabriquée et construite à partir des marques de la « différence ». Cela est d'autant plus pertinent que si la migration constitue primordialement une traversée de l'espace, elle a pour principale conséquence un contact des cultures résultant de cette mobilité. Le contact avec l'espace d'accueil dans 53 cm et dans Debout-payé s'effectue sous l'angle de la dévalorisation du personnage migrant. Cette situation emprunte la voie de la marginalisation et de la ségrégation. Il s'agit, pour Bessora et Gauz, de mettre en lumière les réalités sociales, les malaises et les frustrations que rencontrent les immigrés africains dans l'espace d'accueil.</p>
      <p>Les Africains vivant en Europe expérimentent au quotidien les tristes réalités de la condition migrante. L'un des aspects inscrit explicitement dans l'oeuvre de la diaspora africaine est la mise en scène des figures discriminées dans l'espace d'accueil. Dès lors, les rapports entre l'immigré et le natif aboutissent à une configuration où stéréotypes, préjugés, peur de l ' ). Comme Georges Cuvier, Zara ne fait que reproduire l'obsession des individus qui ont participé à construire le discours sur la race à partir du pourtour fessier de la «Vénus Hottentote ». Le tour de hanches de cette femme deviendra l'unité de mesure utilisée dans la distribution des « races » des individus au XIX e siècle. Lorsque Zara se rend avec sa fille Marie à l'office des Migrations internationales (OMI) pour la visite de santé annuelle des résidents étrangers, elle fait remarquer: « Aujourd'hui l'OMI ne procède plus à un examen anthropologique mais à un examen sanitaire » (CM: 50). Le docteur examine tous ses millimètres et oublie seulement de compter ses dents (CM: 14). Cette allusion à l'esclavage souligne le caractère animalisant des lois sur l'immigration. A l'analyse, on voit bien que l'écriture postcoloniale du corps africain en contexte migratoire explore et révèle la relation à la race. Dans cet ordre d'idées, Susanne Gehrmann note que . les corps noirs. Les conditions particulières de la dislocation du corps africain en exil produisent des inscriptions racialisées et sexuées: les corps deviennent des espaces symboliques privilégiés pour les conflits lors de la rencontre avec l'Europe <xref ref-type="bibr" rid="b30">29</xref> Les noirs sont costauds, les noirs sont forts, les noirs sont obéissants, les noirs font peur. Impossible de ne pas penser à ce ramassis de clichés du bon sauvage qui sommeillent de façon atavique à la fois dans chacun des blancs chargés du recrutement et dans chacun des noirs venus exploiter ces clichés en sa faveur (DP: </p>
    </sec>
    <sec>
      <title>Conclusion</title>
      <p>. Le narrateur donne une description particulièrement méticuleuse de la profession de vigile à laquelle sont contrains les noirs en France: Ceux qui déjà ont une expérience du métier savent ce qui les attend les prochains jours: rester debout toute la journée dans un magasin, répéter cet ennuyeux exploit de l'ennui, tous les jours, jusqu'à être payé à la fin du mois. Debout-payé [?] Ennui, sentiment d'inutilité et de gâchis, impossible créativité, agressivité surjouée, manque d'imagination, infantilisation, etc., sont les corollaires du métier de vigile (DP: 62).</p>
    </sec>
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      <title>Dans le roman</title>
      <p>Debout-payé, l'état psychologique du personnage Ossiri porte le sceau de la déchéance, mieux de la décrépitude. Il affirme: « Depuis que je suis arrivé dans ce pays, je suis dépassé par les? les événements » (DP: 75). Véritable confession, disons aveux, au sens propre du terme, cet extrait montre que l'état psychologique du migrant peut se lire comme étant la métonymie de son existence.</p>
      <p>Au total, il se dégage des textes analysés que les écrivains de la diaspora africaine revisitent les mythes et les clichés dont on affuble les migrants africains. Une lecture des stratégies narratives de l'intégration de l'immigré chez Bessora et chez Gauz <xref ref-type="bibr" rid="b30">29</xref> Susanne, Gehrmann 2006. "Bodies in exile: performativity in Ken Bugul's and Calixthe Beyala's migrant texts". In: Susan Arndt; Marek Spitczok von Brisinski. Africa, Europe and (Post)Colonialism -racism, migration and diaspora in African literatures. Bayreuth, Breitinger : 295-314, ici p. 295. <xref ref-type="bibr" rid="b32">30</xref> Dans la suite de nos analyses, nous utiliserons l'abréviation DP pour Débout-payé suivie de la page. montre que le migrant est un étranger, un perturbateur des cultures, un intrus, « un damné de la terre » qui vient parasiter l'espace d'accueil. S'il est vrai que dans le contexte contemporain de mondialisation et de diversité culturelle, les immigrés et les diasporas constituent des constellations qui tendent à infléchir les identités ethnocentriques, l'on remarque que les logiques disjonctives inhérentes aux contacts culturels asymétriques débouchent sur des constructions binaires. De ce point de vue, nous avons montré, au cours de nos analyses que les écrivains africains de la migration mettent en scène des personnages dont les leviers de la mobilité se déclinent selon le triptyque Afrique-voyage-intégration auquel s'ajoute le caractère déstabilisant du pays d'accueil. Cela est d'autant plus fondé que Jean Francis Ekoungoun affirme que « le trauma de l'Ailleurs de l'immigré africain en Europe constitue le creuset de la réflexion proposée par l'ensemble de cette production littéraire africaine sur le voyage en Europe <xref ref-type="bibr" rid="b33">31</xref> </p>
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      <title>Figures</title>
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          <p>II. De la Description du Pays D'origine Aux Motivations de la Traversée Spatiale</p>
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              <td>Dans son introduction à l'histoire des</td>
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            <tr>
              <td>migrations, l'Encyclopédie française Universalis écrit:</td>
            </tr>
            <tr>
              <td>Notre époque repose sur une mythologie de la</td>
            </tr>
            <tr>
              <td>mobilité, notamment géographique, censée à la fois</td>
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              <td>assurer l'adaptation à un marché du travail flexible et</td>
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              <td>l'épanouissement personnel d'une permanente</td>
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              <td>construction de soi. Qui plus est, cette mobilité est</td>
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              <td>potentiellement sans limites, tant la notion de</td>
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            <tr>
              <td>mondialisation suggère la vision d'une circulation</td>
            </tr>
            <tr>
              <td>planétaire des flux migratoires 4</td>
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      <table-wrap id="tab_1">
        <label>5</label>
        <caption>
          <title>5</title>
          <p>Guiyoba, François 2003. « Ad-venire : pour une poétique de la relation d'aventure. » In : Syllabus, revue scientifique interdisciplinaire de l'Ecole Normale Supérieure, Séries Lettres et Sciences Humaines, Vol. 1, n°2, Yaoundé : 51-63, p. 53.personnelles, en passant par les contraintes économiques, nombreuses sont les raisons qui peuvent pousser des personnes à quitter le pays d'origine pour aller s'installer et vivre ailleurs. Nombreuses sont, en effet, les grandes voix de la littérature qui ont vécu cette expérience temporaire ou définitive et qui se plaignent de la déchirure et de la dépossession qu'elle implique.</p>
        </caption>
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              <td>d'autre part, la problématique, explicite et implicite,</td>
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              <td>est toujours</td>
              <td>celle de l'adaptation à la société</td>
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              <td>d'accueil 10 .</td>
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              <td>A partir des romans Le Ventre de l'Atlantique</td>
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            <tr>
              <td>(2003) de la franco-sénégalaise Fatou Diome et Je vois</td>
            </tr>
            <tr>
              <td>du soleil dans tes yeux de la camerounaise Nathalie Etoke, nous montrerons que la migration, entendue comme processus de déracinement du personnage africain vers l'Occident, est, non seulement, conditionnée par son statut social et familial dans le pays d'origine, mais aussi par la disparité entre la situation socio-économique de ce dernier et celle du pays d'accueil. En effet, les pratiques sociales, les régimes politiques autoritaires, injustes et corrompus sont à l'origine d'une insécurité psychologique et d'une précarité économique qui plongent les populations africaines dans la misère et le désespoir. Du coup, l'Ailleurs est convoqué par les candidats à l'immigration. De ce fait, nous accorderons nos violons à ceux de Susanne Gehrmann pour dire que « le sujet migrant, situé entre les espaces et les cultures, se retrouve soumis à une perturbation continuelle liée à des paradigmes de pensée concurrentiels, ainsi qu'aux conséquences sociales telles que le racisme et la marginalité dans les pays d'accueil 11</td>
              <td>Dès l'an 8, Ovide, expulsé brutalement de Rome par Auguste puis assigné à Tomes 7 à perpétuité, rédigea Les Tristes et les Pontiques, élégies exprimant la douleur de sa condition. C'était aussi le cas de Dante, banni de Florence en 1301 qui n'y retournera jamais ou celui de Machiavel, autre migrant florentin célèbre. Au cours des siècles qui suivirent, d'innombrables Hommes de Lettres écrivirent in migratio. On peut citer entre autres des écrivains français tels Victor Hugo et Milan Kundera, ou encore de l'allemand Berthold Brecht. L'effet de dessaisissement provoqué par la migration, le sentiment de perte qui en résulte ainsi que l'inéluctable solitude représentent autant de sources d'énergie créatrice 8 . Si l'on note, depuis quelques décennies, dans la littérature africaine une attention accrue pour l'esthétisation des phénomènes migratoires, c'est qu'elle contribue à la mise en scène d'un sujet africain issu de la traversée. De l'avis de Catherine Mazauric et Alioune Sow C'est d'ailleurs une caractéristique majeure de la plupart des récits de la migration [africaine] que</td>
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          <p>Simon, Harel 2005. Les passages obligés de l'écriture migrante, Montréal, XYZ éditeur, ici p.192.<xref ref-type="bibr" rid="b15">15</xref> Idem, p.47. bêtes transhumantes<xref ref-type="bibr" rid="b16">16</xref> ». En effet, avec la publication de son deuxième roman Je vois du soleil dans tes yeux en 2008, l'écrivaine camerounaise Nathalie Etoke s'inscrit dans le sillage de la satire sociopolitique. Le roman puise dans l'actualité du phénomène migratoire dont il dresse l'hallucinant catalogue des périls et des humiliations d'Africains jetés en pâture dans un Occident féroce à l'instar des récits tels Nègre de paille (1982) de Yodi Karone, Ici s'achève la voyage (1989) de Léandre-Alain Baker, Le petit prince de Belleville (1992) de Calixthe Beyala, Le Paradis du Nord (1996) de Jean Roger Essomba ou encore L'Impasse (1996) de Daniel Biyaoula. Au-delà de la thématique de la misère du migrant africain au Nord, à laquelle elle avait habitué les lecteurs dans Un amour sans papiers (1999), Etoke se préoccupe fondamentalement de sonder les causes de la migration dans Je vois du soleil dans tes yeux. Au Koumkana, nom fictionnel où se déroule l'action du roman, chacun subit de plein fouet les affres de la précarité de l'existence, les petits métiers y tenant la vedette sans pour autant être soutenus par un investissement conséquent. Le pays est pris en otage par une bande de prébendiers sans vergogne ni scrupule. Voici, à ce titre, le train de vie d'un ministre moyen : « Il sert la Nation et s'en sert au passage. La conséquence de cette société en pleine dérive est que « riches et pauvres ont les yeux braqués sur l'Occident d'où viendra le salut, tout étant mis en oeuvre ici pour hypothéquer l'avenir de génération en génération » (JVS : 92). Nous sommes bel et bien dans « un continent où la chose la mieux partagée est la souffrance, la maladie et la famine » (JVS: 173). Rien d'étonnant que tout le monde rêve de s'en aller, de trouver son chemin de Damas, de quitter cet enfer envahissant pour des horizons meilleurs: « J'étais en train de réaliser notre rêve. Partir. Fuir la misérable Afrique pour le riche Occident » (JVS: 157). Les koumkanais qualifient le pays d'origine de « terre maudite » (JVS: 181), légitimant ainsi leur départ comme stratégie de survie et de remise à flot. A l'image de ses consoeurs, Wéli, le personnage principal, est plus que jamais décidée à se battre de toutes ses forces pour attraper son « Blanc » bienfaiteur et salvateur:Pourquoi? Pourquoi ? Ne cessais-je de me demander, comme si les questions allaient cicatriser les plaies béantes d'une vie déchirée, écorchée, cabossée. Maltraitée sur ma terre, je pensais à mon BLANC riche en francs surévalués qui allait me sortir de la misère. Pourquoi crever dans ce monde sans espoir, dans cette Afrique où tout conspire à vous décourager, cette Afrique qui nous livre pieds et poings liés à l'Occident ? (JVS: 127) L'objectif de la quête du Blanc dans Je vois du soleil dans tes yeux est de surmonter le handicap de la distance physique entre l'Occident où se trouve le Blanc et l'Afrique où le Noir semble cloué au sol. Dans l'ensemble, les personnages de Fatou Diome et de Nathalie Etoke portent un regard idyllique sur l'Ailleurs, disons sur l'Occident. C'est dans ce sens que l'esthétique migratoire, telle qu'elle transparaît, dans les deux romans présente une Afrique désenchantée face à un Occident idyllique. De là, se dégage chez les personnages un souci de découvrir l'ailleurs sous le signe de la migration. Pour Daniel Sébastien Larangé:</p>
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              <td>village, parc automobile hors du commun, soins médicaux dans les capitales étrangères. [?] L'abondance, l'excès et le gaspillage » (JVS: 78) 17 . Au-delà des causes économiques qui justifient la migration chez Nathalie Etoke, s'ajoutent comme le note Catherine Mazauric « des motifs politiques et sociaux liés à l'impéritie des gouvernants et au manque de démocratie dans les pratiques politiques 18</td>
              <td>L'un des soubassements du thème de [l'Ailleurs] dans la littérature africaine est sans doute la colonisation et les conséquences de la gestion des pouvoirs politiques par les intellectuels africains au lendemain des indépendances. Craint d'abord pour sa supériorité et sa force, l'administrateur blanc est ensuite admiré, puis adulé pour son aisance dans le parler et la gestuelle. Les ex-puissances</td>
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              <td>Atlantique, un pèlerinage en Europe</td>
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              <td>16 Blaise, Tsoualla 2011. « Sortir de la transhumance humaine,</td>
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          <p>altérité, racisme et indifférence déterminent le contact des cultures. Dans ces conditions, nos analyses vont s'atteler à décrypter les situations d'exclusion qui essaiment le parcours du migrant et qui révèlent son rapport à la terre d'élection, terre autrefois rêvée. 53cm de Sandrine Bessora se signale comme une épopée dans laquelle l'héroïne Zara Sem Andock, une ethnologue engagée et fille d'un Gabonais et d'une Helvète, lutte au gré des rencontres, des convocations et des déconvenues aux services d'immigration pour régulariser la situation de sa fille Marie-crevette et pour obtenir elle-même une ca't de séjou (carte de séjour). A cet titre, Patricia-Pia Célérier remarque que. racial dans la conduite des affaires politiques, sociales et économiques 26 L'accès à la Gaule, vous le savez, exige un long et pénible détour : l'escalade du mont préfectoral [...] L'ascension du mont préfectoral est un rite purificateur ; il rend la présence de l'immigré métaphysiquement acceptable aux yeux des représentants gaulois. Un temple se dresse sur son sommet, centre des étudiants étrangers. Mon premier dessein sera d'y pénétrer pour dérober un talisman appelé ca't de séjou'. En échange du papier, l'officiante donne le talisman cart' de séjou'. Il protège de mille oiseaux volants, charters, qui boutent les explorateurs hors de la tribu dans le plus grand secret. Ca't de séjou' protège aussi d'esprit vengeurs et innombrables nommés Police, comme l'Eunuque aux cheveux longs. [?] Il permet de passer du statut de sans-papiers, au statut intermédiaire d'ex-sanspapiers, et enfin, au statut plus ou moins définitif de futur-sans-papiers (CM: 29-33). Le roman suggère une infériorisation de l'autre et l'existence d'une France à échelle du fait des multiples paliers que le migrant doit gravir avant de vivre en France. La vie en France est déterminée par un jeu de cartes dont les obtentions ou les refus ouvrent et/ou ferment des portes et donc l'accès au monde ainsi qu'à l'intégration à la société française. Le chapitre sur le gymnase ouvre le roman comme pour préparer la narratrice à la course de fond qu'elle devra effectuer pour obtenir la carte de séjour: Présence Francophone, « Francophonie, Écriture et Immigration », n° 58, Massachusetts, Mai: 73-84, ici p.75.<xref ref-type="bibr" rid="b28">27</xref> Dans la suite de nos analyses, nous utiliserons l'abréviation CM pour 53 cm suivie de la page.France contemporaine. De ce fait, l'espace textuel, à en croire Sylvère Mbondobari, est perçu comme le lieu de cohabitation de discours<xref ref-type="bibr" rid="b29">28</xref> les corps des personnages littéraires fonctionnent comme des entités pour la survie économique, émotionnelle et/ou intellectuelle tout en réagissant aux projections européennes et aux discours normatifs sur . L'anthropologie dont la race est l'expression la plus avérée occupe, dans la textualisation de la migration, une place de choix chez Bessora. Les noms de l'anthropologie raciale française, Georges Montandon et Georges Cuvier, sont insérés sous forme d'intertexte dans le roman. Le regard dépréciatif de Zara sur les théories anthropologiques, dont la France se sert pour gérer les flux migratoires, est renforcé par un jeu de miroirs qui permet d'établir un point commun entre Montandon et Cuvier: « Stéatopyge, ça veut dire 'fesses grosses'. C'est une race pygmoïde et sud-africaine. Georges Montandon, mon éminent collègue, en parle dans une étude racialiste de 1933. Georges Cuvier a prouvé l'existence de cette race ; depuis, il a gagné une rue à son nom, dans le V e arrondissement de Paris » (CM: 164). Le titre du roman «53 cm», qui correspond au périmètre fessier de l'héroïne (CM: 168), renvoie directement à l'histoire de Saartjie Baartman. Zara, la narratrice, aura une peur obsédante de son postérieur. Son nom déjà signifie « Celle qui est maigre aux fesses » (CM : 56). Elle se plaint : « [m]es fesses ne se décident pas » (CM: 57), « [à] Lausanne mon cul ne croît plus » (CM: 59</p>
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              <td>Bessora introduit le débat sur la race stéatopyge et</td>
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              <td>dévoile, par là, une des pages les plus sombres de</td>
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              <td>l'anthropologie</td>
              <td>française:</td>
              <td>les</td>
              <td>expériences</td>
              <td>de</td>
            </tr>
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              <td>l'anthropologue français Georges Cuvier sur Saartjie</td>
            </tr>
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              <td>Baartman.</td>
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              <td>citoyenne française sont la carte d'identité, la carte de</td>
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              <td>fasciste appelé Vichy. Née le 27 octobre 1940, de</td>
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