Table of contents

1.

Resume-L'objectif de cet article est de déterminer les canaux de transmission de l'effet des TFM sur la croissance économique du Cameroun. En s'appuyant sur la v ision théorique de l'école développementaliste, no us avons estimé un modèle ARDL sur les do nnées en série temporelle. Il ressort de cette estimation que les transferts de fonds des migr ants et le développement financier exercent un effet de substituabilité sur la croissance éco nomique au Cameroun à lo ng terme. En effet, les transferts de fonds des migrants compensent l'inefficacité des marchés du crédit au Cameroun, permettant aux bénéficiaires d'accumuler des ressources financières pour s'autofinancer en investissement. Ce résultat rejoint les conclusions des études faites par Giuliano et R uiz-Arranz (2009). To utefo is, en utilisant la même méthode, les transferts de fonds des migrants influencent positivement la croissance économique au Cameroun à travers le canal de l'investissement à lo ng terme. L'effet devient plus important lorsqu'on qu'on interagit les transferts de fonds des migr ants avec le système financier camerounais. En effet, les envois de fonds transitant par les canaux formels ouvrent la possibilité aux bénéficiaires non bancarisés d'avoir la possibilité de prendre des crédits auprès des institutions financières pour le financement des activités économiques au Cameroun. Par conséquent, il serait important que les pouvoirs publics mettent en place un mécanisme de financement de la croissance économique basé sur les transferts de fonds des migr ants en interaction avec le système financier dans le but de réaliser les investissements productifs.

Mots clés: transferts de fonds des mi grants, investissement, développement financier, croissance économi que.

Abstract-The objective of this article is to determine the transmission channels of the effect of remittances on economic growth in Cameroon. Based on the theoretical visio n of the developmentalist school, we estimated an ARDL model on time series data. This estimate shows that remittances and financial development have a substitutability effect on eco nomic growth in Cameroon in the long term. Indeed, migrant r emittances compensate for the inefficiency of the credit markets in Cameroon, allowing beneficiaries to accumulate financial resources to self-finance investment. This result is in line with the co nclusions of studies by Giuliano and Ruiz-Arranz (2009). However, using the same method, migrant remittances positively influence eco nomic growth in Cameroon through the lo ng-term investment channel. The effect becomes more significant when interacting migrant remittances with the Cameroonian financial system. Indeed, remittances passing through formal channels open the possibility to unbanked beneficiaries to have the possibility of taking loans from financial institutions for the financing of economic activities in Cameroon. Consequently, it would be important for the public authorities to set up a mechanism for financing economic growth based o n remittances from migr ants interacting with the financial system in order to make productive investments.

2. Introduction

epuis la fin des années 70, l'Aide Publique au Développement (APD) est reconnue comme la principale source externe de financement dans les pays en voie développement (PVD). Le but de l'aide est de réduire la pauvreté dans tous ses aspects et le moyen le plus efficace d'y parvenir est d'amélioré la croissance économique à travers le financement des investissements et l'accroissement du stock de capital puisque selon Domar (1964), la capacité de production est proportionnelle au stock de capital disponible dans l'économie. De ce fait, l'APD contribue à la croissance économique qui est un facteur nécessaire au développement. Paradoxalement, les PVD, en particulier ceux de l'Afrique Subsaharienne (ASS) qui bénéficient de l'aide internationale depuis leur indépendance n'ont pratiquement pas vue leur situation initiale s'améliorée.

En effet, nous constatons une augmentation de la pauvreté parallèlement à la politique d'aide au développement ainsi que les problèmes liés à certains pays aidés notamment l'insuffi sance des moyens de financement de leur économie. Tout cela va conduire l'APD à une crise de légitimité sans précédent. En effet, Selon la Banque Mondiale (2019), les chiffres témoignent de l'ampleur du déficit actuel dans le domaine des infrastructures. Ce dernier constate que 940 millions d'individus sont privés d'électricité, 663 millions de personnes vivent sans avoir accès à des points d'eau potable améliorés, 2,4 milliards d'êtres humains vivent sans installations sanitaires correctes. Sans oublier le nombre incalculable de personnes ne pouvant accéder ni à l'emploi ni à l'éducation, faute de transports adaptés ou de moyens pour les payer dans les PVD.

Suivant les années, nous constatons en outre qu'après la crise internationale de la dette qui a déclenché en Aout 1982 au Mexique, la question du financement de l'économie s'est posé avec autant d'acuité. L'approche néolibérale n'a pas produit les résultats esc omptés. Cependant, avec l'avènement de la mondialisation qui a suivi dans les années 80 ainsi que le développement des migrations internationales, nous avons vu se développé d'autres sources externes de financement de la croi ssance économique à côté de l'APD notamment les Investissements Directs Etrangers (IDE) et les Transferts de fonds des migrants (TFM ). Cependant, l'environnement économique et social des PVD, où sévit l'extrême pauvreté, est caractérisé par une carence en capital humain et en infrastructure. Du coup, les investisseurs sont moins motivé à effectuer des transferts de revenu sous forme d'IDE étant d onné le risque élevé.

Nous observons par contre un comportement spéculatif, un afflux important de TFM vers les PVD qui revêtent une importance croissante pour ces derniers. Dans les années 90, ces TFM ont reçu peu d'attention de la part des gouvernements et des marchés financiers car ils étaient généralement envoyés en petites quantités (Pradhan et al., 2008). Depuis ces dernières années par contre, nous c onstatons que les envois de fonds des migrants sont devenus difficiles à ignorer car ils sont globalement importants et sont devenus essentiels p our de nombreux pays en dével oppement puisqu'ils sont devenus, selon la Banque Mondiale (2018), une source importante de financement extérieur pour de nombreux pays en développement. Considérant seulement les envois de fond s passant par les circuits officiels, leur montant a augmenté de 8,5% en 2017, pour atteindre 466 milliards USD.

De plus, la crise économique vécue par tous les pays en développement notamment au Cameroun, il y a plusieurs années, a eu des conséquences désastreuses. On observe de plus en plus de nombreuses personnes n'hésitant pas à braver d'innombrables obstacles pour atteindre les pays dits développés (Charef, 2009). La crise a eu comme principale conséquence l'augmentation du déficit de la balance des paiements, l'augmentation de la dette extérieure, la hausse du chômage et la baisse des investissements qui ont conduit à une augmentation des flux migratoires Sud-Nord .

3. Revue de la Litterature

Le débat sur la question de savoir si les envois de fond s ont un impact significatif sur la croissance économique ou non est un débat permanent parmi de nombreux économistes. Les conclusions des études aboutissent à des résultats très mitigés donnant lieu à la confrontation des troi s visi ons théoriques opposées. En effet, la vision pessimi ste ou structurelle remet en cause l'idée selon laquelle les transferts de fonds des migrants auraient un effet comparable aux IDE. Elles soutiennent que les transferts de fonds des migrants ont un effet potentiellement nuisible sur la croissance économique à moyen et à long terme. Selon cette thèse, ils affecteraient de manière négative la compétitivité et réduiraient la population active en raison du phénomène d'aléa moral qu'ils engendreraient. Par conséquent , ils contribueraient à creuser le déficit extérieur entraînant un déséquilibre de la balance des opérations courantes et une perte de compétitivité (Barajas et al., 2009;Kireyev, 2006 ;Luth et Ruiz-Arranz, 2006).

Une deuxième catégorie de vision souvent dite neutre ou pluraliste avance l'idée de la neutralité des transferts des migrants. Sel on cette vision, les transferts de fonds des migrants représentent des sources complémentaires de revenu qui sont surtout utilisées pour lisser la consommation des ménages. En conséquence, les transferts de fonds n'auraient aucun effet sur la croi ssance économique (León-Ledesma et Piracha, 2004 ;Chami et al , 2009 ;FMI, 2005).

Selon la vision développementaliste par contre, les envois de fond s peuvent stimuler la croissance économique à travers plusieurs canaux de transmission (Stark et al., 1986Taylor, 1992 2009). A titre illustratif, Mundaca (2009) montre que les transferts de fonds exercent un effet positif sur la croissance économique. Pour cet auteur, l'effet positif s'intensifie lorsque le niveau de développement financier est pris en considération dans le modèle. En effet, selon cet auteur, toute augmentation de 10% des transferts en pourcentage du PIB contribue à augmenter le PIB par habitant de 3,49%. En revanche, lorsque l'auteur ne tient pas compte de cette variable, le PIB par habitant n'augmente qu'à hauteur de 3,18% .

Adenustsi (2010) souligne que les optimistes de la migration du développement soutiennent que les envois de fonds peuvent avoir un impact positif sur la croissance économique des économies en développement en raison du capital d'investissement provenant des fond s envoyés. En d'autres termes, les envois de fond s fourniraient aux ménages le capital dont ils ont tant besoin pour épargner et aussi pour financer les investissements (Catrinescu et al., 2009). Ratha (2003) observe que l orsque les envoi s de fonds sont acheminés vers des pays qui ont des politiques économiques saines, la plupart d'entre eux peuvent être investis dans des projets productifs.

En outre, lorsque les envois de fond s sont économisés ou investis de manière productive, ils peuvent avoir un impact positif indirect sur la croissance économique de l'économie bénéficiaire. Dans cet argument, Balde (2010) observe que les envois de fonds à eux seuls n'ont pas d'effet positif direct sur la croissance économique, mais qu'ils ont un effet positif indirect qui passe par l'épargne et l'investissement. Ratha (2003) note, de plus que lorsque les envois de fonds sont investis dans les éc onomies en développement, une croi ssance de la production plus élevée peut être réalisée dans cette économie. Karagoz (2009) soutient également l'argument selon lequel le canal le plus important par lequel les envois de fonds des migrants peuvent avoir un effet positif sur la croissance économique dans les pays en développement est l'épargne et l'investissement. Drinkwater et al., (2003) discutent plus en détail la manière dont les effet s des envois de fonds sur la croissance s'opèrent . Ils soutiennent que les envois de fonds contribuent à atténuer les contraintes de crédit qui s'avèrent être le défi le plus courant associé aux entreprises privées dans de nombreux pays en développement. Ces auteurs soutiennent également que les envois de fonds peuvent avoir des effet s de croissance similaires à ceux de l'investissement direct étranger lorsqu'il s'agit d'alléger les contraintes financières au niveau national. En effet, selon lui, de nombreuses entreprises privées dans les éc onomies en développement fonctionnent à des niveaux de production limités en raison des difficultés d'investissement qu'elles rencontrent . Ces défi s peuvent être relevés par les envois de fond s des migrants, à condition que le système financier du pays affecte efficacement les ressources financières là où elles sont le plus nécessaires.

Toutefoi s, alors que les optimistes de la migration du développement soutiennent que les envois de fond s peuvent avoir des effets positifs sur la croissance grâce à l'augmentation de l'épargne et des investissements, les pessimi stes de la migration réfutent une telle notion et soutiennent que les envois de fonds sont rarement utilisés pour des investissements productifs mais sont généralement alloués à la consommation à l'instar de Hass (2007) et Brown (2006). Ces derniers soutiennent l'affirmation selon laquelle les envois de fonds des migrants sont généralement utilisés pour la consommation en indiquant comment les parts énormes des revenus versés sont généralement utilisées pour la consommation. Barajas et al., (2009) utilisent deux arguments pour expliquer pourquoi une plus grande partie des revenus versés est utilisée pour la consommation au lieu d'être épargnée ou investie, comme le soutiennent les optimistes du développement de la migration. Le premier argument stipule que, puisque les envois de fonds sont de nature compensatoire, ils sont plus susceptibles d'être canalisés ou dirigés vers les familles ayant une propension plus élevée à consommer par rapport aux familles ayant une propension plus élevée à investir ou épargner. Deuxièmement, ils soutiennent qu'en raison de la permanence perçue des envois de fonds par les ménages bénéficiaires, il y a probablement un problème d'aléa moral où les ménages bénéficiaires sont plus susceptibles d'utiliser les envois de fonds pour la consommation et non pour des investissements productifs. En conséquence, une part plus importante des envois de fonds pourrait alors être utilisée uniquement pour la consommation, une situation qui aurait un effet négatif sur la croissance économique des pays en dével oppement selon de Hass(2007).

En outre, L'OCDE (2006) soutient également l'argument selon lequel une plus grande part des envois de fonds est principalement utilisée pour financer la consommation. En effet, les envois de fonds c omme toutes autres sources de revenu sont susceptibles d'être dépensés en fonction de la hiérarchie des besoins. Selon la hiérarchie des besoins, la consommation est au stade initial et domine une part plus importante, de sorte que la plupart des ménages sont susceptibles de consacrer leurs revenus à la consommation par rapport à l'investissement.

Bien qu'il ait été largement affirmé que les envois de fonds sont principalement utilisés pour la consommation et non pour des investissements productifs, de nouvelles preuves suggèrent que même lorsqu'ils sont utilisés pour la consommation, les envois de fonds peuvent encore entraîner certains effets positifs sur la croissance économique en rai son des effets multiplicateurs sur la demande et la production globales dans l'ensemble de l'économie (Brown, 2006, Gupta et al., 2008;Pradhan et al., 2008;Ratha, 2003;Ajayi et al., 2009).

L'argument selon lequel les envois de fonds auront toujours un impact positif sur la croissance économique d'un pays bénéficiaire, même l orsqu'ils sont utilisés pour financer la consommation, est principalement utilisé par les optimistes de la migration du développement pour réfuter l'argument des pessimistes de la migration qui conclut sur les effets négatifs des envois de fonds sur la croissance économique dus à la consommation. Brown (2006) utilise les effets multiplicateurs keynésiens pour expliquer les effets de croissance indirects positifs qui peuvent être réalisés à partir des envois de fonds. Il pense qu'une augmentation de la consommation, qui implique une augmentation des dépenses, peut générer une demande accrue qui se traduit par une augmentation de la production. Barajas et al., (2009) soutiennent l'argument ci-dessus en se référant à l'étude de cas du Paki stan et du Mexique où des preuves de l'existence de tels effets multiplicateurs dans les deux économies ont été établies.

En essayant de consolider l'ensemble des arguments, Ajayi et al., (2009) observent que lorsque les envois de fonds sont investis, ils entraînent une croissance de la production tandis que s'ils sont utilisés pour la consommation, ils peuvent toujours avoir un impact positif sur la croissance économique des pays bénéficiaires grâce aux effet s multiplicateurs sur la demande et la production globale.

Les envoi s de fond s des migrants peuvent avoir un impact sur la croissance économique grâce à des investissements dans le capital humain. Les envoi s de fonds augmentent les investissement s en capital humain lorsqu'ils sont utilisés pour financer l'éducation et la santé des bénéficiaires. Selon la théorie du capital humain, l'augmentation des investissements dans le capital humain se traduit par une croissance économique p ositive pour un pays à long terme. Barajas et al.,(2009) mentionnent que les envois de fond s contribuent à stimuler les investissements en capital humain qui sont essentiels à la croissance économique en finançant la scolarisation formelle des ménages bénéficiaires. Il s ob servent cependant qu'une croissance économique positive ne serait possible que si ceux qui ont reçu une éducation formelle sont employés sur les marchés du travail de ce pays particulier. En d'autres termes, les envois de fonds peuvent indirectement contribuer à une croissance économique positive dans un pays bénéficiaire lorsque les individus qui reçoivent l'éducation formelle, financée par les envois de fond s, fourni ssent leur travail aux marchés du travail l ocaux.

Toutefoi s, Sel on de Hass (2007), les envois de fonds peuvent avoir une influence encourageante ou décourageante sur l'éducation des citoyens restant s. Les chercheurs qui suivent la Nouvelle Economie de la Migration du travail (NEM), développée dans le contexte de la recherche américaine répondant aux optimistes et aux pessimi stes de la migration, pensent que les envois de fond s ont un impact positif sur les niveaux d'éducation (de Hass, 2007). Leur argument est motivé par l'hypothèse selon laquelle les revenus des migrants seront principalement utilisés pour financer l'éducation des autres membres de la famille. Les envois de fonds sont ici perçus comme un moyen de financer le développement par l'éducation dans de nombreux pays en développement.

Les envoi s de fond s peuvent, en outre, aider à accroître le capital humain dans les pays bénéficiaires en finançant les soins de santé des bénéficiaires. Lorsque les envoi s de fonds sont utilisés pour financer les soins de santé dans les pays bénéficiaires, comme le souligne Brown (2006), cela peut avoir des effets positifs sur le développement du capital humain, ce qui conduit à long terme à une croissance économique positive. Il est cependant important de déterminer si la part des revenus versés est utilisée pour l'éducation et les soins de santé dans les pays en développement. Il semble que peu d'études ont révélé et soutenu l'argument selon lequel les envois de fonds sont utilisés pour financer l'éducation et les soins de santé dans les pays en développement.

Par ailleurs, s'il est universellement reconnu que la main-d'oeuvre joue un rôle essentiel dans la croissance économique, il est essentiel d'évaluer les effets des envois de fond s sur la croissance économique par le canal de l'offre et de l'effort de maind'oeuvre. L'argument sel on lequel les envois de fonds des migrants entraînent certains problèmes d'aléa moral a été soulevé p our la première fois par Chami et al ., (2003). Ces derniers soutiennent qu'en raison de l'asymétrie d'information entre le migrant et le ménage destinataire des envois de fonds, les risques moraux dus à une offre de travail réduite par les membres du ménage bénéficiaire sont susceptibles d'avoir un impact négatif sur la croissance économique de l'économie bénéficiaire.

De nombreux chercheurs soutiennent cette affirmation et utilisent différent s termes pour décrire le problème de l'aléa moral émanant des envois de fonds des migrants. Adenutsi (2010) soutient l'argument de l'aléa moral et qualifie la réduction de l'offre de maind'oeuvre par les membres des ménages bénéficiaires de «chômage volontaire» résultant de l'augmentation des envois de fonds. Pradhan et al (2008) utilisent le terme «oisiveté» pour expliquer le problème de l'aléa moral, situation dans laquelle les destinataires des envois de fonds réduisent leur effort de travail ou s'abstiennent complètement de travailler. Karag oz, (2009) et Barajas et al., (2009) pensent que les ménages bénéficiaires peuvent utiliser les envois de fonds pour augmenter leurs loi sirs tout en réduisant leur offre de travail.

Acosta, Larty et Mandelman (2009) révèlent comment le problème de l'aléa moral affecte négativement la croissance économique de l'économie bénéficiaire. Ils soutiennent que la réduction de l'offre de travail entraîne une augmentation des salaires, ce qui entraîne une augmentation des coûts de production. À long terme, ces coûts de production peuvent avoir un effet négatif sur la production. Cet argument est lié à la discussion sur les effet s négatifs des envois de fonds sur la maladie hollandaise expliquée par l'appréciation du taux de change et les résultats à l'exportation.

Selon Gupta et al., (2008), les effets des envois de fonds sur la maladie hollandaise sont un sujet fortement contesté dans la littérature sur la migration. Acosta, Baerg et Mandelman (2009) identifient la maladie hollandaise comme «? une pression à la hausse sur le taux de change réel?. »Causée par un afflux de capitaux. Ces entrées de capitaux peuvent provenir de sources extérieures de capitaux telles que l'aide ou d'énormes revenus tirés du commerce des ressources naturelles. Les auteurs comme Karagoz, (2009) ; OCDE, (2006); Amued o-Dorantes et Pozo, (2004) pensent qu'un afflux de transferts de fonds peut entraîner une appréciation du taux de change réel qui a un effet négatif sur les résultats à l'exportation à long terme.

Pradlan et al. ( 2008) soutiennent en outre que les faibles performances à l'exportation résultant de l'appréciation réelle de change peuvent avoir des effets négatifs des envois de fonds sur la croissance économique de l'économie bénéficiaire. Selon Catrinescu et al. (2009), la faible performance des exportations résultant de l'appréciation du taux de change réel causée par les envois de fonds a un effet négatif sur la production. En général, les effets négatifs de la faiblesse des résultats à l'exportation sur la production tendent à avoir un impact négatif sur l'emploi. Ces effets négatifs sur l'emploi peuvent entraîner des effets négatifs sur la croissance économique dans une économie.

Il n'est pas toujours vrai que les envois de fonds entraîneront des effets de croi ssance négatifs en raison des faibles performances à l'exportation qui ont des effets négatifs sur la production. Dans certains cas, l'OCDE (2006) argumentent que les envoi s de fonds génèrent une demande supplémentaire dans l'économie, qui peut avoir des effets de croissance positifs ou négatifs. Les effets négatifs, selon l'OCDE, sur la croissance économique peuvent résulter des pressions inflationnistes résultant de la demande supplémentaire, tandis que les effets positifs sur la croissance se produi sent par le biais d'effets positifs sur l'emploi.

Cependant, la thèse de l'emploi positif résultant de la demande supplémentaire générée par les envois de fonds contraste avec la position de Catrinescu et al. (2009) qui concluent sur les effets négatifs des envois de fonds sur la croissance économique causés par les effets négatifs sur l'emploi. Selon cet auteur, les effets négatifs sur l'emploi résultent d'une faible production due à de faibles performances à l'exportation. Il reste alors à déterminer si les envois de fonds ont des effets positifs ou négatifs sur l'emploi. Commentant le sujet de la demande supplémentaire, l'OCDE (2006) conclut que la flexibilité de la réaction d'une économie à la demande supplémentaire est essentielle pour déterminer si les envois de fond s auront des effets positifs sur l'emploi ou des pressions inflationnistes négatives.

Après avoir identifié les canaux potentiels par lesquels les envois de fonds des migrants peuvent avoir un impact sur la croissance économique, il est essentiel d'évaluer le canal du développement financier. En effet, la littérature sur la migration a toujours perçu le développement financier comme une condition préalable aux effets positifs des envois de fonds des migrants sur la croissance économique. Bettin Par conséquent, à première vue, il faut s'attendre à une complémentarité entre les envois de fonds et le développement financier dans la croissance du PIB des pays en développement. En effet, outre la suppression des contraintes de liquidité et la facilitation de l'accès au crédit pour les proches des migrants, les envois de fonds, s'ils sont efficacement intermédiés, devraient permettre le financement de projets favorisant la croissance économique par des entrepreneurs talentueux mais financièrement limités.

Cependant, une étude de Giuliano et Ruiz-Arranz (2009) a fourni des preuves de la substituabilité entre les envois de fonds et le développement financier pour favoriser la croi ssance économique. En analysant un ensemble de 73 pays en développement pour la période 1975-2002, ils ont constaté que les envois de fonds affectent positivement la croissance économique dans les pays où les systèmes financiers sont peu développés. Il s interprètent ce résultat en ce sens que les envois de fonds compensent les marchés du crédit inefficaces, permettant aux bénéficiaires d'accumuler des ressources financières pour s'autofinancer en investissements en capital physique et humain. En revanche, là où les marchés du crédit fonctionnent correctement, l'accès au crédit n'est plus un problème et les envoi s de fonds servent à subventionner la consommation des destinataires et à affaiblir les incitations au travail.

4. III.

5. Methodologie de Recherche

Pour déterminer les canaux à travers lesquels les transfert s de fonds des migrants promeuvent la croissance économique au Cameroun, nous avons adopté un modèle autorégressif à retards échelonnés (ARDL) développé par Pesaran et al ., (2001) Le tableau 2 rapporte la matrice de corrélation des variables du modèle 1 et 2. Elle prédit que la croissance économique est positivement corrélée aux flux des envoi s de fonds des migrants et à l'investissement.

?Pib t =a 0 +? a p i=1 1i ?Pib t-i +? a q i=0 2i ?Tfm t-i +? a q i=0 3i ?Inst t-i +? a q i=0 4i ?txouv t-i + ? a q i=0 5i ?Devfin t-i + ? a q i=0 6i i ?Inv t-i +? a q i=0 7i ?[Tfm×DevFint] t-i +b 1 Pib t-1 +b 2 Tfm t-i + b 3 Inst t-i +b 4 txouv t-i +b 5 Devfin t-i +b 6i Inv t-i + b 7 [Tfm×DevFint] t-i +e t ?Inv t =? 0 +? ? p i=1 1i ?Inv t-i +? ? q i=0 2i ?Devfin t-i ++? ? q i=0 3i ?txouv t-i +? ? q i=0 4i ?Inst t-i + ? ? q i=0 5i ?Tfm t-i +? ? q i=0 6i ?[Tfm×DevFint] t-i +? ? q i=0 7i ?aPib t-i +?

6. c) Relation entre l'investissement et les transferts de fond des migrants au Cameroun

Il est important d'avoir une idée sur le sens de l'évolution de la variable investissement avec la variable transferts de fonds des migrants. Cela nous permettra de savoir s'il y a divergence ou convergence entre les deux variables. Inv TFM

7. Source: nous-mêmes à partir de Stata 14

On observe sur cette figure 1 une convergence des nuages de points. Autrement dit, les envoi s de fonds des migrants et l'investissement sont corrélés positivement. En effet, cette figure nous indique qu'au Cameroun, une part des transferts de fonds des migrants est destinée à la réalisation des activités productives.

8. d) Tests de stationnarité et de multicolinéarité

Il s'agira pour nous, dans cette sous-section, de mettre en évidence les résultats du test de stationnarité des diverses variables de notre modèle. A cet effet, la littérature économique nous fournit une panoplie de test qui aide à vérifier le caractère stationnaire ou non (existence d'une racine unitaire) d'une série. On peut citer le test de Dikey-Fuller augmenté (ADF), le test de phillippe-perron (PP), le test d'Andrews et Zivot, le test Ng-Perron, Ouliari s-ParkPerron, etc. Parmis ces test , les trois premiers sont faciles à appliquer et couramment utilisé. Dans cette étude, nous avons fait recours au test de Dikey-Fuller augmenté puisqu'il est stable et efficace en cas d'autoc orrélation des erreurs.

Les hypothèses de ce test sont les suivantes: H0: la série est stationnaire; H1: la série n'est pas stationnaire.

Le choix de l'une des hypothèses réside dans la valeur de la probabilité associée à la série en question. Lorsque la probabilité est inférieure aux seuils critiques conventionnel s (1%, 5%, 10%), on accepte l'hyp othèse nulle H0 et on rejette l'hyp othèse alternative H1.

Concernant nos variables, les résultats de l'analyse de la stationnarité sont résumés dans le tableau suivant: On constate que la variable d'interaction (lntfmxdevfin) et la qualité des institutions (lninst) sont intégrées d'ordre1 c'est-à-stationnaire après la première différence, alors que l'investissement (lninv), les transferts de fond des migrants (lntfm), l'ouverture commerciale (lnouv).

L'on note donc que les séries sont ainsi intégrées à des ordres différents, ce qui rend inefficace le test de cointegration de Engel et Granger pour les cas multivariés et celui de Johansen, et rend opportun le test de cointegration aux bornes (Pesaran et al., 2001). Les coefficients qui nous intéressent dans nos estimations sont ceux relatifs au dével oppement financier (l ndevfin), aux transfert s de fond s des migrants (lnTfm) ainsi qu'à l'interaction entre ces deux variables (lntfmxdevfin). La lecture du tableau 7 nous révèle que le développement financier a une incidence positive sur la croissance économique du Cameroun. En effet, une augmentation de 1% du crédit accordé au secteur privé fait croitre la croissance économique de 0.56%. ce résultat rejoint les conclusions de Par ailleurs, il ressort de ce tableau 9 qu'au Cameroun, les transferts de fonds ont un impact positif sur l'investissement . A priori, cela suggère que les transferts de fonds des migrants ne sont pas destinés à la consommation mais plutôt à l'investissement. En effet, une augmentation de 1% des TFM fait croitre l'investissement de 0.0002588%. Ce résultat n'est pas Il ressort donc de la lecture des tableaux 8 et 9 d'estimation des coefficients de long terme que les transferts de fonds des migrant s influencent positivement la croissance économique au Cameroun à travers le canal de l'investissement. L'effet est plus important lorsqu'on interagit les TFM et le système financier camerounais. En effet , les envois de fonds transitant par les canaux formels ouvrent la possibilité au bénéficiaire non bancarisés d'avoir la possibilité de prendre des crédits auprès des institutions financière pour le financement des activités économiques au Cameroun. L'hypothèse H2 qui stipule que les TFM des migrants affectent positivement la croissance économique à travers le canal de l'investissement étant vérifiée.

9. e) Résulta ts des tests de diagnostic du m odèle ARDL estimé

V.

10. Conclusion

L'objectif de cette étude est déterminé les canaux par lesquel s les transferts de fond s des migrants promeuvent la croissance économique à long terme au Cameroun. Pour atteindre cet objectif, nous avons utilisé une régression autorégressive à retards échelonné (ARDL). Les résultats nous montrent que les transferts de fonds des migrants impactent la croissance économique à travers le canal de l'investissement. Cependant, les envois de fonds des migrants et le développement financier exercent un effet de substituabilité sur l'accumulation du capital à long terme au Cameroun. Ce résultat démontre l'inefficacité du marché du crédit camerounais et met en évidence les transferts de fonds des migrant s en tant que source de revenu permettant l'autofinancement des investissements productif. Par conséquent, l'Etat camerounai s devrait promouvoir les envoi s de fonds des migrants en mettant en place un mécanisme incitatif qui permettra à la diaspora camerounaise d'envoyé plus de fonds dans leur les pays afin de réaliser les investissements productifs, ce qui stimulera indirectement la croissance économique.

Figure 1.
Figure 2.
? les transferts de fonds des migrants affectent
positivement l'accroissement du revenu à travers
son effet sur l'investissement au Cameroun.
? les transferts de fonds des migrants et
développement financier exercent un effet de
substituabilité sur la croissance économique au
Cameroun.
II.
s'élève à hauteur de 269 millions USD en 2017 (WDI,
2018).
Comparativement à l'APD, les entrées de fonds
au Cameroun ont été constantes depuis la fin de la crise
financière de 2009. Le montant de l'aide étrangère, par
contre, a fortement diminué en 2008 par rapport à son
estimation précédemment enregistrée et, depuis lors, le
montant de l'APD est en baisse au Cameroun. Les
envois de fonds, selon la BM (2009), constitueraient
donc la source de financement externe la plus stable et
ayant des effets macroéc onomiques à court et à long
terme importants dans les pays en développement . Au
Cameroun, ces fond s sont bien reconnu comme faisant
partie d'un arrangement familial informel allant bien au-
delà de l'altruisme, motivés par une variété de
déterminants pouvant même varier selon les individus,
avec des avantages dans le domaines de l'assurance
mutuelle, du lissage de la consommation et de
l'allègement de la contraintes de liquidité (Lucas et
Stark, 1985; Funkhouser, 1995; Cox et al .,1998; Foster
et Rosenzweig, 2001; Feinerman et Seiler, 2002) ainsi
qu'à ses effets sur les variables macroéconomiques.
Certains économi stes à l'instar de Cha'ngom et
al.,(2017) ont apprécié l'incidence des TFM sur la
croissance économique au Cameroun, et au Sénégal,
principaux bénéficiaires dans la CEMAC et l'UEMOA
respectivement. Ils ont mis en évidence le rôle joué par
les institutions dans ce mécanisme à travers les droits
de propriété. Leurs résultats indiquent transferts de
fonds des migrants impactent positivement la
croissance économique au Cameroun à l ong terme. Ce
résultat nous amène à nous poser la question principale
de savoir: à travers quel s canaux de transmi ssion les
transferts de fonds des migrants promeuvent la
croissance éc onomique au Cameroun ?
La répondre à cette question nécessite au
préalable la définition des objectifs clairs et précis. Ainsi,
deux objectifs découlent de cette question de
recherche:
? Déterminer l'effet des transfert s de fond s des
migrants sur l'investissement au Cameroun.
? Examiner l'effet interactif des transferts de fonds
des migrants et du développement financier sur la
croissance éc onomique au Cameroun.
Pour atteindre ces objectifs, nous posons deux
hypothèses:
Figure 3.
Year 2020
20
Volume XX Issue IV Version I et utilisés par Boamah et al (2007). Ce modèle, qui fait partie de la classe des modèles dynamiques, permet de capter les effets temporels (délai d'ajustement, anticipations) dans l'explication d'une variable. La spécification ARDL se présente comme suit:
E )
(
Global Journal of Human Social Science - Dans le modèle 1, la variable Pib constitue la variable endogène. Elle représente le PIB par habitant qui est l'indicateur le plus utilisé pour capter la (1) (2) allant de 1979 à 2017. Les données sont issues de la base de données de World Development Indicator (2018) et de la base de d onnées International Country
croissance éc onomique. Risk Guide (2017).
L'investissement (Inv) est retenu comme la variable expliquée dans l'analyse empirique de IV. Presentation Des Resultats
l'équation 2. La formation brute de capital fixe (FBCF) en % PIB est utilisée comme indicateur de l'investissement. La définition des variables exogènes sont présentée en annexe. L'étude en question porte sur les données macroéc onomiques, de sources sec ondaires Généralement, pour que la régression produise des estimateurs sans biais, une analyse descriptive des variables s'avère nécessaire pour détecter la multicolinéarité, la liaison entre une ou plusieurs variables explicatives.
Figure 4.
a) Statisti que descriptive
Tableau 1: Caractéristiques descriptives des variables
Variable Ob s Mean Std. Dev. Min Max
lnPib 40 22.42345 1.500126 18.92039 26.26938
lnTfm 39 2.782406 .5483775 1.895687 3.828552
lninst 40 2.233097 .0775386 2.06897 2.397895
lnouv 39 -.8213149 .2293029 -1.376566 -.5362273
lndevfin 39 3.511032 .278219 2.891011 4.058542
lninv 40 3.087375 .1407934 2.660636 3.350619
lntfmxdevfin 39 7.484714 1.292862 4.238038 9.430779
Source: Nous-mêmes à partir de STATA 14.
Le tableau 1 nous indique le nombre (lnInv), la qualité des institutions (l nInst ) et la croissance
d'observation, la moyenne, le minimum, le maximum et économique (l nPIB) sont observables sur 40 années
l'ecart-type pour chaque variable. Il ressort de ce alors que les autres variables sont observables sur 39
tableau que la croissance économique (l nPib ) est plus années.
volative que toutes les autres variables. L'investissement
b) Présentation de l'intensité des relations entre variables
Tableau 2: Matrice des corrélations
lnPib lnTfm lninst lndevfin lninv lntfmx devfin
lnPib 1.0000
lnTfm 0.0742 1.0000
Lninst -0.7782 0.0611 1.0000
Lndevfin 0.7823 -0.3589 -0.7247 1.0000
Lninv 0.2811 0.6836 0.1474 0.1499 1.0000
Lntfmxdevfin 0.8499 -0.2093 -0.8039 0.8377 0.0373 1.0000
Note: Source: Nous-mêmes à partir deStata 14.
Figure 5. Tableau 4 :
4
Canaux De Transmission De L'effet Des Transferts De Fonds Des Migrants Sur La Croissance Economique
Au Cameroun
Year 2020
22
Volume XX Issue IV Version I
E )
(
-Global Journal of Human Social Science Nous avons par la suite procédé par des régressions linéaires de chacune des variables en fonction des autres pour détecter la multicolinéarité.
Hypothèse du test Tests Valeurs (probabilité)
Autocorrélation Breusch-Godfrey 1.126442 (0.0038) *
Hétéroscédasticité white 38.01 (0.0077) *
(.) : Probabilités; * : stationnaire à 1%; ** : stationnaire à 5%; *** : stationnaire à 10%
Source: Nous-mêmes à partir de Stata 14
© 2020 Global Journals
Figure 6. ARDL(1,4,3,4,4) regression Sample: 1983 -2017 Number of obs = 35 R-squared = 0.9067 Adj R-squared = 0.8763 Log likelihood = 113.78875
Tableau 7: Source: l'auteur à partir de Stata 14
A-1 Interprétation des dynami ques de l ong terme de
l'équation 1
Les résultats du tableau 7 indiquent la présence
d'un processus de convergence et une corrélation
positive entre l'investissement (l ninv) et la croissance
économique (l nPib) au Cameroun. En effet,
augmentation de 1% des investissements stimule la
croissance économique de 0.12% . En outre, la qualité
des institutions a un impact positif et significatif sur le
taux de croissance économique au Cameroun. En effet,
l'amélioration des institutions politiques de 1% fait
croitre la croi ssance économique de 1.75%.
En revanche, l'ouverture commerciale (l nouv)
affecte négativement et significativement la croissance
économique au Cameroun. Le tableau 7 ci-dessus
indique qu'une augmentation de 1% des importations et
des exportations fait baisser l'accumulation du capital
de 0.7%. ce résultat ne corrob ore pas avec les
conclusions fait par Jongwanich,(2007), Ac osta et
al.,(2008) qui affirment que l'ouverture commerciale stimule la croissance économique. Root MSE = 0.0148
D.lnPib | Coef. Std. Err. t P>|t| [95% Conf. Interval]
ADJ |
lnPib |
L1. | -.156772 .0861141 -1.82 0.090 -.3414685 .0279245
LR |
lnTfm | .6415159 1.023891 0.63 0.001 -1.554512 2.837544
lnouv | 1.143033 .2972253 3.85 0.002 .5055482 1.780518
lninst | .3537477 .2978609 1.19 0.005 -.2851003 .9925957
lninv | .1673827 .5017201 0.33 0.044 -.9086999 1.243465
_ cons | 3.722729 2.356693 1.58 0.037 -1.331875 8.777333
Figure 7.
Canaux De Transmission De L'effet Des Transferts De Fonds Des Migrants Sur La Croissance Economique
Au Cameroun
ARDL(4,3,4,2,4,4,3) regression
Sample: 1983 -2017 Number of obs = 35
R-squared = 0.9687
Adj R-squared = 0.7340
Log likelihood = 139.14611 Root MSE = 0.0134
D.lnPib | Coef. Std. Err. t P>|t| [95% Conf. Interval]
ADJ |
lnPib |
L1. | -.2890667 .1800728 -1.61 0.084 -.789029 .2108955
LR |
lnTfm | .1588997 .1936127 0.82 0.058 -.3786554 .6964547
Year 2020 lninst | lnouv | -.7057263 1.751447 lndevfin | .5653843 lninv | .1275067 lntfmxdevfin | -.1156155 1.978535 .3459537 .3154092 .5488764 .2175816 0.89 2.04 1.79 -0.05 0.98 0.026 0.011 0.048 0.062 0.081 -3.741848 -.2547951 -.310332 -1.551432 -.2108434 7.244742 1.666248 1.441101 1.496418 .4420743
Conformément à
notre hypothèse, les envoi s de fonds semblent agir
comme un substitut et non comme un complément au
( E ) système financier. Nous constatons à partir du tableau 6 que le coefficient associé à la variable transferts de
Global Journal of Human Social Science - fonds des migrants au Cameroun est positif et significatif (0.1588997) et le coefficient associé à la variable interactive entre les transferts de fonds des migrants et le développement financier (lntfmxdevfin) est négatif et significatif (-0.1156155). D'où les TFM des migrants et le développement financier exercent un effet de substituabilité sur la croissance économique au Cameroun. Ce résultat peut s'expliquer par le fait que le système financier au Cameroun ne facilite pas le processus de transfert d'argent des migrants. En effet , les frais d'envoi sont énormes et augmentent avec le volume ou la part des envois des fond s transférés par des voies formelles. Les migrants préfèrent emprunter des circuits informels pour effectuer leurs transferts de fonds. Il ressort donc de cette analyse que le système
financier camerounais n'est pas assez développé pour
faciliter l'effet des TFM sur la croissance économique.
L'hypothèse 1, qui stipule que les TFM des
migrants et le développement financier exercent un effet
de substituabilité sur la croissance économique au
Cameroun, est vérifiée. Ces résultats divergent avec les
conclusions de Bettin et Zazzaro (2012) et Nyamong o et
al., (2012) qui montrent que les transferts de fonds et le
système financier sont des compléments. En revanche,
1

Appendix A

Appendix A.1

Appendix B

  1. , Banque Mondiale 2019.
  2. Finance and growth: theory and evidence. ( R Levine . NBER, Working Pa per, 2004. p. 10766.
  3. Imperfect commitment, altruism, and the family: Evidence from transfer behavior in low-income rural areas. A D Foster , M R Rosenzwei G . Review of Economics and Stati stics 2001. 83 (3) p. .
  4. The Macroeconomics of Remittances: the Case of Taji kistan. A Kireyev . International M onetary Fund, 2006. (IMF Working Paper)
  5. Remittances, Financial Market Development, and Economic Growth: The Case of Latin America and the Caribbean. B G Mundaca . Review of Development Economics 2009. 13 (2) p. .
  6. Workers' remittances and the real exchange rate: a paradox of gifts. C Amuedo-Dorantes , S Pozo . World Devel opment 2004. 32 (8) p. .
  7. Remittances as insurance: evidence from Mexican immigrants. C Amuedo-Dorantes , S Pozo . Journal of Population Economics 2006. 19 (2) p. .
  8. Do remittances lead to a public moral hazard in developing countries? An Empirical investigation. C H Ebeke . The Journal of Development Studies 2012. 48 (8) p. .
  9. Data for workers remittances, compensation of employees, and migrant transfers, 2011a. 2009. World Bank, Washington, DC 58: World Bank. (Migra tion and Remittances Fact Book. credit (USD million)
  10. A spects of Financial Liberalisation and Capital Market Development in the Caribbean, D Boamah , Roland Craigwell , Darrin Downes , Kevin Greenidge , Travis Mitchell . R. Craigwell, K. Greenidge and M. Williams (ed.) 2007. Barbados. p. . Central Bank of Barbados (The Impact of Capital Account Liberalisation in the Caribbean)
  11. Motives for Private Transfers over the Life Cycle: An Analytical Framework and Evidence for Peru. D Cox , Z Eser , E Jimenez . Journal of Development Economics 1998. 55 p. .
  12. Do international remittances promote human development in poor countries? Empirical evidence from Sub-Saharan Africa. D E Adenutsi . International Journal of Applied Economics and Finance 2010. 4 (1) p. .
  13. Remittances, Migration and Social Development -A Conceptual review of the literature. De Haas , H . Social Policy and Development Programme 2007. United Nations Institute for Social Development. 34.
  14. Worker's Remittances: An Important and Stable Source of External Development Finance, Global Developing Finance, D Ratha . 2003. 2003. World Bank. p. .
  15. Essays in the Theory of Economic Growthf, E D Domar . 1964. Oxford University Press. (3rd Pr.)
  16. Private Transfers with Incomplete Information: A Contribution to the 'Altruism-exchange Motivation for Transfers' Debate. E Feinerman , E J Seiler . Journal of Population Economics 2002. 2002. 15 p. .
  17. Remittances from International Migration: A Comparison of El Salvador and Nicaragua. E Funkhouser . The Review of Economics and Statistics 1995. 77 (1) p. .
  18. Capital flows and economic growth in Ghana. E K M Klobodu , S Adams . Journal of African Business 2016. 17 (3) p. .
  19. Remittances, financial development and economic growth in Africa. E M Nyamongo , R N Misati , L Kipyegon , L Ndirangu . Journal of Economics and Business 2012. 64 (3) p. .
  20. A Gravity Model of Workers' Remittances, Erik Lueth , Marta Ruiz-Arranz . 06/290. 2006. Washington: International Monetary Fund. (IM F Working Paper)
  21. Remittances and financial development: Substitutes or complements in economic growth? M oFi R Working paper, G Bettin , A Zazzaro . 2009.
  22. Remittances and financial development: Substitutes or complements in economic growth. G Bettin , A Et Zazzaro . Bulletin of Economic Research 2012. 64 (4) p. .
  23. Do Workers' Remittances Promote Economic Growth?. G M Barajas , A Chami , C Fullenkamp , M Gapen , R P Montiel . 09/153. IMF Working Papers, 2009.
  24. Remittances and economic growth in developing countries. G Pradhan , M Upa Dhyay , K Upa Dhyaya . The European journal of development research 2008. 20 (3) p. .
  25. , Gupta , Catherine A Sanjeev , Smita Pattillo , Wagh . Effect of Remittances on Poverty and Financial Development. World Development 2009. 37 (1) .
  26. Remittances, finance and growth: Does financial development foster the impact of remittances on ec onomic growth. I Sobiech . World Development 2019. 113 p. .
  27. Remittances and Inequality Reconsidered: Direct, Indirect and Intertemporal Effects. J E Taylor . Journal of Policy Modeling 1992. 14 p. .
  28. The Shadow Value of Migrant Remittances, Income and Inequality in a Household-farm Ec onomy. J E Taylor , T J Wyatt . Journal of Development Economics 1996. 32.
  29. « Workers' Remittances and Economic Growth: Evidence from Turkey. K Karagoz . Journal of Yasar University 2009. 4 (13) p. .
  30. Remittances, growth and poverty: New evidence from Asian countries. K S Imai , R Gaiha , A Ali , N Kaicker . 10.1016/j.jpolmod.2014.01.009. http://doi.org/10.1016/j.jpolmod.2014.01.009 Journal of Policy Mode-ling 2014. 36 (3) p. .
  31. International remittances and well-being in sub-Saharan Africa. M A Ajayi , M A Ijaiya , G T Ijaiya , R A Bello , M A Ijaiya , S L Adeyemi . Journal of Economics and Internati onal Finance 2009. 1 (3) p. .
  32. Communication, media and the Moroccan migratory field. M Charef . Journal of Ethnic and Migration Studies 2009. 35 (10) p. .
  33. « Bounds Testing Approaches to the Analysis of Level Relationshi ps. M H Pesaran , Y Shin , R J Smith . 10.1002/jae.616. http://dx.doi.org/10.1002/jae.616 Journal of Applied Econometrics 2001. 16 p. .
  34. Migration, remittances and inequality. Journal of Development Economics 28 (3) p. .
  35. International migration and the role of remittances Eastern Europe. M León-Ledesma , M Et Piracha . International Migration 2004. 42 (4) p. .
  36. , N Catrinescu , M Leon-Ledesma , M Piracha , B Quillin . Remittances, Institutions, and Economic Growth. World Development 2009. 2139. p. 37.
  37. Transferts de fond s des migrants et croissance économique: une analyse comparative entre le Cameroun et le Sénégal, N Cha'ngom , L Nem Bot Ndeffo , I Et Tamba . 2017.
  38. International Migrant Remittances and their Role in Development', International Migration Outlook, Oecd . 2006. p. .
  39. Remittances and Inequality. O Stark , J E Taylor , S Yitzha Ki . Economic Journal 1986. 1986a. 28 p. .
  40. , O Stark , J E Taylor , S Et Yitzhaki . 1988.
  41. Financial development, remittances, and real exchange rate appreciation. P A Acosta , N G Baerg , F S Mandelman . Economic Review Number 1. Federal Reserve Bank of Atlanta 2009. p. .
  42. P Acosta , C Calderon , P Fajnzylber , H Lopez . What is the impact of international remittances on poverty and inequality in Latin America ». World Development, 2008. p. .
  43. Remittances, Financial Development, and Growth, P Giuliano , M Ruiz-Arranz . No. 234. 2005. (IMF Working Paper)
  44. Remittances, Financial Development and Growth. P Giuliano , M Ruiz-Arranz . Journal of Development Economics 2009. 90 (1) p. .
  45. Do Workers' Remittances Promote Financial Development?. R Aggarwal , A Demirguc-Kunt , M Peria . World Bank Policy Research Working Paper, 2006.
  46. Remittances: An Automatic Stabilizer?, Ralph Chami , Dalia Hakura , Peter Montiel . 09/91. 2009. Washington: International Monetary Fund. (IMF Working Paper)
  47. rapport sur les migrations et le développement. Banque Mondiale 2018.
  48. Are Immigrant Remittance Flows a Source of Capital for Devel opment?, R Chami , C Fullenkam , S Jahjah . 2003. (IM F Working Paper No. 189)
  49. Motivations to remit: Evidence from Botswana. R E Lucas , O Stark . The Journal of Political Economy 1985. p. .
  50. International remittances and the household: analysis and review of global evidence, R H AdamsJr . 2007. 4116. (World Bank Policy Research Working Paper)
  51. R Stark , Lucas . Migration, Remittances and Family. Economic Development and Cultural Change, 1988. 31 p. .
  52. The Labour Market Effects of Remittances, FLOWENLA Discussion Paper no 6, S Drinkwater , P Levine , E Lotti . 2003. Hamburg. Hamburg Institute of International Economics
  53. Effect of remittances on poverty and financial development in Sub-Saharan. S Gupta , C A Pattilo , S Wagh . Africa. World Development 2008. 37 (1) p. .
  54. Can Remittances Spur Development? A Critical Survey1. S S Brown . International Studies Review 2006. 8 (1) p. .
  55. Finance, Inequality, and the Poor. T Beck , A Demirgüç-Kunt , R Levine . Journal of Economic Growth 2007. 12 (1) p. .
  56. Workers' remittances, economic growth and poverty in developing Asia and the Pacific Countries. WP/07/01. Jongwanich, J 2005. April. 2007. International Monetary Fund. (Two Current Issues Facing Developing Countries, World Economic Outlook)
  57. World Development Indicator dataset. http://data.worldbank.org/indicator/ World Development Indicator 2018. (The World Bank.)
  58. The impact of remittances and foreign aid on saving/investment in Sub-Saharan Africa: Laboratory of Economic Analysis and Prospective (LAPE), Y Balde . 2010.
Notes
1
© 2020 Global Journals
Date: 2020-01-15