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1. I. Introduction

e Cameroun parait l'un des pays de l'Afrique subsaharienne les plus diversifiés sur les plans économique, culturel et social. C'est un pays de l'Afrique centrale dont les atouts sont hors du commun. Les richesses naturelles du sol et du sous-sol, les richesses maritimes et forestières, l'ouverture sur la mer et le niveau du bilinguisme sont quelques peu des exemples prégnants permettant d'une manière prémonitoire de spéculer sur la prospérité socioéconomique de ce pays d' Afrique centrale.

Cependant, les rapports de certaines institutions nationales et internationales exhibent que ce pays, au même titre que certains de ses pairs d'Afrique situés au sud du Sahara, pâtit d'un certain nombre de difficultés inhérent au financement de son économie. L'organisation par ce pays d'une conférence internationale sur le financement du développement en mai 2016 sur le « thème investir au Cameroun terre d'opportunité » et la création de deux fonds par la Société Nationale d'Investissements pour le financement des infrastructures de base et le secours aux jeunes entreprises innovantes sont en outre quelques indices clignotant le besoin en fonds de financement du développement et de la croissance de ce pays.

Ainsi, dans ce contexte où les gouvernements des pays en développement se méfient des fardeaux de la dette (Ajayi, 2006), la recherche d'un mode de financement non générateur des intérêts à verser aux créanciers paraît de plus en plus salutaire eu égard à la bonne santé des économies en développement (Zea et Lécuyer, 2018et Campbell, 2017). Pour un bon nombre d'auteurs (Mainguy, 2004 ;Alaya et al., 2009 ;Jude, 2019et Eka, 2019), la mobilité des flux des capitaux étrangers parait comme une solution. Toutefois, la recherche de ce mode a un prix à payer qui est celui de mettre les pays en concurrence fiscale afin d'attirer les capitaux et dont les conséquences sont entre autres la baisse des recettes fiscales (Pfister, 2009et Raspiller, 2009), l'élargissement de l'assiette fiscale au sein d'une économie et par ricochet, la détérioration de la qualité de la redistribution du revenu (Perkins et al., 2008;Keho, 2009et Mankiw et al., 2013). C'est donc l'ensemble de ces constats qui nous amène à mener une réflexion. D'ores et déjà, dans un environnement où les investisseurs étrangers se bousculent pour la recherche des nouvelles opportunités, où les pays d'accueil entrent en concurrence pour attirer les capitaux étrangers et où les tissus industriel et social de plusieurs pays, en l'occurrence ceux d'Afrique et d'Asie, paraissent mous et poreux, une observation endoscopique de cet environnement mérite d'être faite.

En effet, un regard attentif tourné vers le contexte socioéconomique des pays en voie de développement fait paradoxalement remarquer que ces derniers pâtissent d'une pléthore de difficultés financières et technologiques, mais jouissent d'une kyrielle de ressources naturelles.

Une fouille de la littérature économique récente ressort que les marasmes observés dans ces pays sont dans la plupart des cas tributaires d'un triptyque d'arguments et parmi lesquels le déficit de l'épargne nationale, la chute des prix des matières premières et la faiblesse du niveau et de la qualité des infrastructures de base. Deux des conséquences directes et immédiates de ce manque de ressources sont le tassement de la croissance (CEA, 2017) et la détérioration de la qualité de vie des populations de ces pays en développement (Lachaud, 2006).

Afin de pallier ces constats mélancoliques, une panoplie d'économistes s'estinterrogée sur les multiples voies et moyens pouvant aider les économies des pays en développement à sortir de leur situation de précarité pourrejoindre le rang des économies des pays développés. Ainsi, selon Jude (2019), Zea et Lécuyer (2018), Campbell (2017) et Wamba et al. (2017), l'idée néolibérale selon laquelle les pays pauvres doivent se ployer et adopter les stratégies de développement mises en place par les grandes puissances économiques revêt encore d'actualité. Selon Raffinot (2016) et Camara (2003), ces stratégies sont épistémologiquement ancrées dans un large corpus de débat opposant les néolibéraux aux néomarxistes. Les premiers sont issus de la lignée néoclassique et paraissent plus optimistes eu égard aux effets bénéfiques des capitaux étrangers sur une économie d'accueil. Les seconds quant à eux sont davantage d'obédience altermondialiste et se montrent pessimistes quant aux effets des flux extérieurs sur une économie.

Cet article, loin d'être original eu égard à l'analyse des effets des IDE sur les variables socioéconomiques d'une économie en développement, mais le parait en tentant d'intégrer dans l'analyse les effets des entrées d'IDE sur la mobilisation des recettes fiscales et par ricochet sur le niveau et la qualité de la redistribution du revenu au Cameroun. En effet, restant à l'affût de l'actualité économique moderne, cette dernière semble montrer que, les Etats, en se livrant à une concurrence pour attirer les capitaux étrangers, diminuent leurs recettes fiscales (Pfister, 2009) publics sur la détermination du taux d'imposition. Et la dernières des dimensions fait allusion à l'influence des débats publics sur la prestation des services publics de base à l'instar des routes, de l'eau et des hôpitaux.

Selon Raess (2007) si les pauvres sont dominants et politiquement actifs dans une société donnée, alors le pan du débat démocratique s'inclinerait du côté de la hausse des prestations des services. Laquelle hausse va nécessiter une augmentation des recettes fiscales. C'est ainsi que la politique d'attractivité des firmes étrangères à travers la baisse de la fiscalité viendra perturber l'efficacité de la gouvernance.

L'auteur arrive aussi à une conclusion que la politique d'attractivité des IDE basée sur la manipulation de la fiscalité dans les pays en développement ou dans les pays les moins avancés contribue négativement à la mobilisation des ressources fiscales dans ces pays et par conséquent peut impacter négativement la qualité de la croissance économique.

Si Ainsi, suivant les travaux de ces auteurs, nous allons dans cette étude présenter le modèle de Renouard (2012) qui parait le plus complet et le plus exhaustif. La figure suivante ressort le résumé synoptique de ce modèle.

, cet auteur précise que la responsabilité sociale des entreprises étrangères est connue selon l'approche de quatre « P », suivant laquelle, firmes multinationales assument quatre types de responsabilités à savoir le profit, le prix, les personnes et la planète. Selon Dahlby (2009) et Pfister (2009), la recherche des profits des multinationales devrait entrainer la mobilisation des recettes fiscales et contribuer au bout de la chaine à la fourniture des services publics financés par ces ressources. ? Contributions de l'école de la dépendance à l'explication de l'effet des stratégies de la mobilité des IDE sur la qualité de la croissance économique Selon Camara (2003), la principale contribution de l'école de la dépendance dans le domaine des flux internationaux de capitaux a été de concentrer sa pensée sur les conséquences néfastes de ces flux sur une économie en développement. De ce fait, un bon nombre d'auteurs qui se sont manifestés, directement ou indirectement, partisans de cette école, ont mentionné et soutenu que les différentes stratégies d'implantation adoptées par les IDE peuvent contribuer à détériorer à détériorer les conditions de vie des populations à travers la destruction des emplois et la baisse des recettes fiscales. Suivant donc ces idées, les économistes de la dépendance ont brandi deux effets indésirables des IDE sur les conditions de vie des populations d'une économie donnée. Les effets sont relatifs à l'impact négatif des IDE sur les entreprises et les emplois locaux. Ces effets sont appelés effet d'éviction dans la littérature économique (Jude, 2019). Et les deuxièmes effets quant à eux font allusion à la baisse des recettes fiscales qui résultent de la concurrence fiscale entre les Etats pour attirer les

? Contributions de l'école structuraliste à l'explication de l'effet des stratégies de mobilité des IDE sur la qualité de la croissance économique Echaudemaison (2008) définit le structuralisme comme un ensemble des théories qui soutiennent qu'il existe des structures sociales et économiques qui ne sont pas observables dans les pays en voie de développement, mais qui génèrent des phénomènes sociaux et économiques observables. Ainsi, la présence des IDE dans certains secteurs stratégiques des pays en développement (Regnault, 2013), la détérioration des termes de l'échange causée par la division internationale du travail (Easterly, 2010), peuvent être considérés comme quelques exemples du structuralisme. Selon Amin (2002 et 2003), les structuralistes font la distinction entre les pays développés et les pays sous-développés. Les premiers sont appelés pays du centre et les seconds appelés pays de la périphérie. L'auteur précise que les pays du centre sont structurellement différents des pays de la périphérie et par conséquent, toute politique imposée par le centre pour promouvoir le développement de la périphérie sera vouée à l'échec. Raffinot (2016) précise que ce constat fondamental a amené les économistes structuralistes à rejeter les thèses orthodoxes selon lesquelles les pays sous-développés doivent suivre la voie des pays développés et que les IDE sont l'une des voies pouvant aider ces pays pauvres à sortir de leur précarité.

Critiquant les mécanismes de la division internationale du travail dans laquelle, les pays du centre et ceux de la périphérie produisent respectivement des biens industriels et des matières premières, Amin (2002) conclut que les avantages du commerce reviendraient aux pays du centre. En effet selon cet auteur et aussi Acemoglu et Robinson (2012) et Easterly (2010) ont précisé que les pays sousdéveloppés de la détérioration des termes de l'échange. Ainsi, selon Raffinot (2016), cet argument de la détérioration des termes de l'échange a amené les structuralistes à considérer le libre-échange comme dangereux pour les pays de la périphérie.

Comme solution à ce problème, Regnault (2013) ressort que les pays sous-développés ont adopté la stratégie d'industrialisation par substitution aux importations. Selon cet auteur, cette étape de l'industrialisation ne nécessite des technologies compliquées encore moins de la présence étrangère à travers les firmes multinationales.

? Contributions de l'école institutionnaliste à l'explication de l'effet des stratégies de la mobilité des IDE sur la qualité de la croissance Acemoglu et Robinson (2012) définissent une institution comme une structure sociale qui est dotée d'une certaine stabilité dans le temps. Cherchant à justifier la persistance de la pauvreté dans les pays sous-développés, ces derniers ont mis un accent sur la fragilité des institutions dans ces pays. Selon, Camara (2003) cette fragilité des institutions peut s'expliquer par beaucoup des facteurs dans les pays en développement et parmi lesquels le comportement des élites.

Citant les pionniers de l'école institutionnelle, Raffinot (2016 et 2010), Perkins et En effet, selon certains théoriciens de la concurrence fiscale, les pays en développement, au nom de la recherche d'une croissance qualitative à travers l'attraction des IDE peuvent être entrainés à alimenter les paradis fiscaux. En accordant des vacances ou des cadeaux fiscaux aux entreprises étrangères et par ricochet sont tentés de réduire la mobilisation des recettes fiscales (Piketty, 2011 ;2013 ;2015et Raspiller, 2005)). D'autres soulignent la concurrence à laquelle se livrent les Etats à la recherche et l'attraction des capitaux mobiles investis par les multinationales peut leurs exposer à un problème de l'anti-sélection ou de la sélection adverse. Selon les partisans de cette idée, les Etats ne doivent compter sur le secteur privé pour fournir par lui-même le montant nécessaire pour une croissance de qualité et favorable aux pauvres. Selon Tamba (2017), le principe de la main invisible ne fonctionne pas lorsque les marchés sont soumis à la sélection adverse.

Piketty et Saez (2013), dans leur étude qui porte sur la fiscalité du 19ème siècle a essayé de décrire la théorie de la taxation optimale des capitaux étrangers et domestiques ainsi que les conséquences de la hausse du taux d'imposition sur les mouvements des facteurs mobiles et immobiles que sont les flux des capitaux et les mouvements de la main d'oeuvre.

S'agissant de la théorie de taxation optimale, l'auteur précise tout d'abord qu'elle a permis de formaliser le dilemme entre l'équité sociale et l'efficience économique. Certains économistes à l'instar de Mankiw et Taylor (2013) ont souligné que la théorie de la taxation optimale permet de distinguer les socialistes des capitalistes. Ainsi, cherchant à analyser l'économie sous sa dimension normative, les socialistes défendent l'idée selon laquelle les économies de marché peuvent, à travers la politique de la baisse des impôts et des taxations, peuvent susciter une baisse des transferts sociaux et contribuer à une aggravation des inégalités entre les individus. A l'inverse, selon les capitalistes, réduire les inégalités sociales du revenu à travers les transferts peut réduire l'activité économique et l'engloutir davantage. Au total, les socialistes ont brandi le problème social des inégalités pour défendre la politique incitative des impôts et les capitalistes mettent en avant l'aspect désincitatif de l'impôt. Raess (2007) fait ressortir que dans le processus du développement, les questions fiscales se trouvent au coeur du rôle de l'Etat. Pour cela, l'auteur mentionne que tout échec relatif à ce domaine fiscal peut contribuer à nuire la qualité de la croissance et par conséquent, entraver le niveau de la pauvreté. Selon Tamba (2017) le domaine fiscal concerné en général les procédures et les modalités d'imposition, les recettes fiscales de l'Etat, les dépenses publiques ainsi que la gestion du déficit budgétaire. Raess (2007) mentionne encore que les pauvres sont les principaux bénéficiaires des prestations et des services publics de l'Etat. Une diminution des dépenses publiques peut se traduire par une aggravation du niveau de la pauvreté.

Tel qu'il a été mentionné dans les travaux de Raffinot (2016), Mainguy (2004), Camara (2003) et Manso-Preto (1982), les économistes hétérodoxes sont ceux qui critiquent les arguments de l'économie libérale. Samir Amin et Fernando Cardoso, Prebisch-Singer et Clarence Ayres paraissent parmi quelques économistes les plus marquants de cette thèse. L'idée défendue par ces derniers est celle que la politique menée par les grandes puissances comme les pays industrialisés contribue à bloquer le développement des pays pauvres.

Citant Bornschier (1983) qui a mis en évidence le rapport entre la mobilité du capital étranger et l'évolution des inégalités dans les pays en développement, Camara (2003) mentionne que cet auteur est l'un des premiers à soutenir que les IDE participent à réduire les inégalités dans les pays d'origine et à les augmenter dans les pays récepteurs. Samir Amin (2002), dans son article qui porte sur la mondialisation et l'apartheid, compare cette dernière et l'ouverture économique à l'impérialisme et dénonce par conséquent que les pays développés, qui sont au centre, se nourrissent des pays pauvres qui sont situés aux périphéries.

Selon Camara (2003), cherchant à justifier l'hypothèse qui sous-tend l'IDE comme source de domination de la périphérie et facteur de production des inégalités dans les pays en voies de développement, précise que la position d'un pays dans les relations économiques mondiales détermine son aptitude à distribuer les revenus issus des sources étrangères.

Parallèlement à cette vision, certains auteurs mentionnent que l'installation des firmes multinationales contribue à creuser davantage des inégalités car ces firmes emploient pour l'essentiel l'élite qui peut gagner jusqu'à dix fois le salaire moyen.

Selon Lahimer (2009), l'implantation des entreprises étrangères dans les secteurs stratégiques des pays en développement contribue le plus souvent à détruire les emplois non qualifiés au détriment des emplois qualifiés et des emplois hautement capitalistiques. Citant Tsai (1995), Camara (2003) ressort que la coalition entre l'Etat, les investisseurs étrangers et l'élite locale peut entraîner une entrave à la mise en oeuvre des politiques distributives qui sont toujours plus favorables aux couches sociales les plus défavorisées. Allant dans le même sens, Bornschier (1983) précise que la coalition entre une classe minoritaire contre la majorité de la population contribue à marginaliser davantage cette dernière à travers le système de production mondial.

2. III. Cadre Méthodologique de L'étude

Une revue des approches empiriques concernant les effets d'IDE sur la qualité de la croissance économique et de la redistribution a permis de mettre en relief un certain nombre des facteurs à travers lesquels, l'IDE pourrait affecter cette dernière.

3. b) Présentation des variables et signes attendus des paramètres

Le tableau 1 suivant récapitule l'ensemble de variables utilisées dans cet article afin de dégager les effets des capitaux étrangers sur la redistribution de revenu au Cameroun à travers le mécanisme de la concurrence fiscale.

Tableau 1: Présentation des variables et signes attendus de leurs paramètres Source : auteurs de l'étude à partir de la littérature.

Afin de ressortir empiriquement les effets des IDE sur la qualité de la redistribution du revenu au Cameroun, nous avons compilé l'ensemble de ces données dans le logiciel Excel et puis les avons exportées dans le logiciel STATA 12. Cet outil d'analyse de données nous permis d'une part d'effectuer des tests préliminaires inhérents à l'étude des séries temporelles tels les tests de causalité et de stationnarité, et d'autre de réaliser l'estimation du modèle VAR retenu de l'étude. La section suivante aura le mérite de présenter les différents résultats obtenus.

4. IV. Résultats et Discussions Economiques

Dans la présente section, nous allons nous évertuer à exhiber les différents résultats issus des estimations économétriques avant de procéder aux discussions économiques de ces derniers. A l'issue de ces résultats, nous constatons que la plupart des variables sont intégrées en différence première. Cependant, les variables telles les dépenses publiques à caractère social en pourcentage du PIB (DPSPIB), les flux des investissements étrangers (IDEflxinPIB), l'inflation (TxINFL) et la part de la population urbaine dans la population totale (POPURB) sont intégrées à niveau. Par contre, la variable captant le taux d'accroissement de la population est intégrée en différence deuxième. Globalement, nous constatons que les variables de ce modèle sont d'ordre d'intégration différent. Et comme le précisent Bourbonnais (2015) et Nafiou (2009), si dans un modèle VAR, les variables n'ont pas le même niveau d'intégration, alors il faut d'abord avant toute estimation déterminer le nombre optimal de retard à considérer. Le prochain point aura le mérite de ressortir le nombre optimal du décalage à considérer.

5. ? Détermination du retard optimal

Les résultats fournis par STATA 12 indiquent que le retard optimal à intégrer est de deux décalages (voir tableau 3 suivant).

Tableau 3: Détermination du nombre du retard optimal Source: Calculs des auteurs à partir de STATA 12.

Suite à quoi, nous avons enfin estimé notre modèle VAR à deux retards. Les résultats issus de ces estimations sont consignés dans le tableau 4 qui vient.

6. ii. Résultats issus des estimations d'un modèle VAR à deux retards

Le tableau 4 ci-dessous ressort les différents résultats issus de l'estimation d'un modèle VAR à deux décalages de cette étude. Note: (***), (**) et (*) représentent respectivement les significativités à 1%, 5% et 10%.

L'ensemble des précédents résultats nous ont permis de mener quelques discussions économiques inhérentes au rôle des IDE sur la redistribution du revenu à l'aide du biais du canal fiscal. La section suivante va se coltiner de ressortir ces discussions.

7. b) Interprétations et discussions économiques des résultats

Tel qu'il a été mentionné plus haut, les effets d'IDE sur la qualité de la redistribution du revenu dans cette étude vont transiter par leurs effets sur la fiscalité. Toutefois, dans cet article, nous avons pris en compte trois types de variables indicatrices de la redistribution à savoir, l'indice qualitatif de la croissance, les dépenses publiques sociales et les investissements locaux. L'effet des IDE sur chacune de ces variables permet d'indiquer par ricochet leurs effets sur la qualité de l'éducation, de la santé et sur la nature des relations qui pourraient exister entre les firmes étrangères et celles locales. Va-til s'agir d'un effet d'éviction ou de stimulation.

Concernant tout d'abord, en ce qui concerne les investissements domestiques, nous constatons que ces flux d'IDE les affectent positivement pendant que les stocks de ces flux les affectent négativement. Les effets positifs peuvent être expliqués dans la littérature économique comme des effets de stimulations des IDE sur l'économie locale (Jude, 2019et Lahimer, 2009). A ce niveau, nos résultats embrassent les prédictions théoriques de l'école de la modernisation défendue par les économistes orthodoxes. En effet, pour ces derniers, l'insuffisance de l'épargne, l'écart technologique et la faible compétitivité des entreprises des pays en voie de développement seraient en grande partie dus au manque d'innovation et des investissements en recherche et développement (Ajayi, 2006).

Parlant des innovations, Aghion et Antonin (2017) soutiennent que les IDE peuvent constituer un grand bloc permettant aux pays pauvres de bénéficier des mécanismes de destruction créatrice de Schumpeter. Nos résultats corroborent ceux dégagés par certains auteurs à l'instar de Wamba et Par contre, nos résultats révèlent que les stocks d'IDE affectent favorablement et de façon très significative la qualité de la croissance économique au Cameroun. Ce résultat corrobore celui trouvé par Mlachila et al. (2015). Ce résultat peut s'expliquer à travers l'impact positif des IDE sur les investissements domestiques et qui à leur tour affecte favorablement les dépenses de consommation finales des ménages. Et ces dernières constituent l'une des trois dimensions de l'indice de la qualité de la croissance au Cameroun.

8. V. Conclusion

Dans cet article, il est question de dégager les effets d'IDE sur la redistribution du revenu au Cameroun. Pour ce faire, nous avons suivi une logique ayant permis de convoquer un dytique de controverses théoriques et empiriques. Ensuite, l'ensemble de ces controverses ont constitué un cadre analytique de base dans lequel ce corpus a été développé. Au confluent de ces logiques analytique et contextuel, un cadre méthodologique a été développé qui est celui de appel à un usage des modèles économétriques de type VAR.

Toutefois, au regard de ce qui précède, nous constatons qu'autant le poids de la littérature justifiant la nature des effets d'IDE sur la qualité de la croissance et de la redistribution est maigre et mitigée, autant nos résultats concernant ces effets au Cameroun sont aussi mitigés. Mais toutefois, ces résultats semblent nous montrer que les effets de long terme des IDE sont plus prégnants que ses effets de court sur la qualité de la croissance économique. A ce niveau, deux conclusions majeures peuvent être retenues. La première conclusion est relative à la prégnance des effets de long terme qui peuvent être interprétés comme les transferts de la technologie (Jacques, 2006) et la seconde conclusion peut être vue du côté de réinvestissement des bénéfices par les firmes étrangères au Cameroun. Ainsi, bien que les effets d'IDE soient mitigés au Cameroun, il se dégage que les effets de long terme l'emporte sur les effets de court terme. Par conséquent, le gouvernement camerounais se doit d'assainir son climat d'affaire pour attirer les firmes étrangères et est tenu de réviser sa politique fiscale afin d'éviter la double imposition qui est un frein à la mobilité des capitaux étrangers.

9. Références Bibliographiques

Figure 1.
Le modèle de Raess (2007) traite de la fiscalité et de la dépendance envers les flux extérieurs des capitaux. Ce modèle porte sur un triptyque constitué de la fiscalité, les prestations publiques et l'aptitude des pauvres à participer au débat démocratique dans leurs pays. Cet auteur part d'un constat que la relation entre la fiscalité et les prestations publiques parait un puissant mécanisme allocatif. Pour cela, il se pose la question de savoir comment les intérêts d'une population peuvent-ils être intégrés dans la politique budgétaire d'un gouvernement comptant sur les entreprises étrangères pour son développement ? Et lesquelles entreprises participent à hauteur de deuxtiers ou trois-tiers pour le financement des dépenses publiques dans ce pays dépendant des flux extérieurs. Pour parvenir à une gouvernance efficace de l'Etat où toutes les parties vont tirer leur épingle du jeu, Raess (2007) décrit le modèle contenu dans le schéma suivant : Source: Raess (2007).
Figure 2. Figure 1 :
1Figure 1: Fiscalité, redevabilité et dépendance envers les flux extérieurs (IDE, APD) Dans ce modèle simplifié, trois dimensions sont mises en relation par l'auteur. La première dimension concerne le rapport entre la fiscalité et les prestations publiques. La deuxième est le de l'impact des débats
Figure 3.
i. Apports de quelques modèles théoriques à
l'explication des effets d'IDE sur la qualité de la
redistribution du revenu
Certains auteurs, à travers leurs études portant
sur les responsabilités sociales, sociétales et
environnementales des firmes multinationales avancent
que ces dernières peuvent affecter favorablement ou
défavorablement le niveau et la qualité de la
redistribution et de la croissance économique. à notre
connaissance, quelques modèles théoriques ont
concouru à expliquer la nature de ces responsabilités. Il
s'agit du modèle de Foumagalli (2003) 1 , de celui de
Verdier (2005), du modèle de Raess (2007) et enfin,
celui de Renouard (2012). Dans cet article, nous allons
nous évertuer à présenter les deux derniers types des
modèles.
? Modèle de Raess (2007) et effet de dépendance
envers les flux extérieurs des capitaux
a) Revue théorique de la littérature sur le lien entre IDE,
fiscalité et redistribution
De prime à bord et sans études approfondies et
poussées, il parait très rare de trouver la littérature
théorique traitant des effets d'IDE sur les variables
redistributives ou celles sociales d'une économie
donnée. En effet, comme le précise Jasmin, les effets
qualitatifs des IDE sur une économie d'accueil
paraissent une tâche ardue et voire difficile à dégager.
Cependant, l'examen endoscopique de quelques
récents travaux sur la concurrence fiscale entre les
Etats, séductrice de l'installation des firmes
multinationale (Pfister, 2009 et Figazzolo et Harris,
2011), a permis aux théoriciens de l'économie de
stipuler que les IDE pourrait affecter au même moment
la qualité et la quantité de la croissance économique et
notamment à travers ses effets sur la redistribution.
Figure 4. sociale et sociétale des entreprises, il se dégage dans la littérature économique une grosse tentative de conciliation entre la pratique des entreprises étrangères et le respect de la collectivité. Citant Elkington (1998) 2
certains modèles se sont évertués à
dénoncer l'effet néfaste des IDE du au comportement
des gouvernements dans leur politique d'attractivité des
flux des capitaux, d'autres par contre se sont plutôt
coltinés à ressortir l'effet de ces flux étrangers à travers
les responsabilités sociales, sociétales et économiques
des firmes multinationales. C'est le cas par exemple des
travaux cités dans Figazzolo et Harris (2011) et de
l'étude menée par Renouard (2012) en ce qui concerne
les responsabilités des firmes multinationales et
notamment, le cas des firmes présentes en Afrique.
? Modèle théorique de Renouard et les
responsabilités sociales et sociétales des
entreprises étrangères
Selon Figazzolo et Harris (2011), à travers la
responsabilité
Figure 5. école de la dépendance et celle de la modernisation sont respectivement
firmes et les ii. Apports de quelques théories à l'explication des
liens entre les IDE et la qualité de la redistribution
du revenu
Comme il a été souligné dès l'introduction de
cette étude, deux obédiences théoriques ont permis
d'expliquer les effets possibles des IDE sur une
économie d'accueil. Il s'agit d'un côté des idées des
économistes libéraux et d'un autre côté, celles des
économistes marxistes. L'
Nous venons de voir dans les paragraphes
précédents et à l'aide de certains modèles théoriques
que l'activité d'une firme multinationale peut avoir un
certain nombre d'effet sur les conditions de vie et la
qualité de la croissance dans un pays d'accueil. A
travers ces modèles, nous avons aussi constaté que le
croisement des stratégies des firmes et de celles des
Etats semble dégager certains effets qui pourraient
affecter la mobilisation des recettes fiscales de l'Etat et
par conséquent les dépenses publiques à caractère
social. Les principales conclusions retenues dans ces
modèles est que les interactions stratégiques entre les
Figure 6.
Le cérémonialisme désigne tout comportement qui tend à contrecarrer le changement. Dans un pays cérémonialiste, les structures sociales attribuent des privilèges à certaines classes et conditionne la population à résister aux changements sociaux et économiques. Par contre, un Etat mou est un Etat qui n'est pas en mesure de mettre les institutions au service des populations mais au seulement, au service des couches sociales les plus riches. Globalement, cette revue de la littérature théorique concernant les effets d'IDE sur une économie en voie de développement en permis de mettre en relief le débat théoriques entre deux grandes écoles à savoir, l'école orthodoxe d'une part et l'école hétérodoxe d'autre part. b) Revue empirique de la littérature sur le lien entre IDE, fiscalité et redistribution De prime à bord et sans analyse poussée, il n'est Selon la littérature empirique développée par Piketty (2015 et 2013), Figazzolo et Harris (2011), Robinson (2011), Harris (2011) , Piketty (2011), Dahlby (2008), Kessler (2007), Madiès et al. (2005), Levasseur et Verdier (2005), Raspiller (2005) et Pfister (2009) sur l'imposition des IDE dans le monde, il se dégage que les activités des IDE dans un pays d'accueil peuvent affecter ses recettes fiscales.
Figure 7.
revenu national et à sa répartition et à l'inflation (Tamba,
2017) ainsi qu'à l'évolution du niveau des recettes
fiscales (Renouard et Lado, 2013). Cependant, les
facteurs non économiques font allusion aux facteurs
administratifs, politique ainsi qu'aux facteurs
environnementaux.
a) Spécification du modèle économétrique et méthode d'estimation du modèle Avant de spécifier notre modèle économétrique, nous allons d'abord faire une recension des approches ayant permis d'étudier la nature des relations entre la mobilité des flux de capitaux étrangers et les variables socioéconomiques d'un pays d'accueil. Cette recension des modèles permettra d'élaguer d'une manière critique les approches qui ne seront pas utiles dans le cadre du présent article. ii. Présentation d'un modèle VAR et méthode d'estimation Nous allons d'un côté établir les écritures algébriques générale et spécifique d'un modèle VAR de cette analyse et d'autre part précisé sa méthode d'estimation. ? Formes générale et spécifique d'un modèle VAR de l'étude Selon Bourbonnais (2015) et Nafiou (2016), la modélisation classique a connu beaucoup des critiques. C'est ainsi la formulation d'un modèle de type VAR permet apporte une réponse statistique à l'ensemble de ces critiques. La spécificité de ce modèle réside au niveau de sa capacité à expliquer un phénomène par ses propres valeurs passées et les valeurs passées des autres variables. Généralement, la forme algébrique d'un modèle se présente de la façon suivante où i varie de 1 à 2 dans cette étude. Où Yi, Xi et Zi représentent respectivement un ensemble de vecteurs des variables expliquées et explicatives. La section suivante fera la présentation de ces variables. De ce fait, on aura au total quatre (04) équations à savoir Y1 ; Y2 ; Y3 et Y4. Ces grandeurs vont respectivement représentées les équations de l'investissement domestique en pourcentage du PIB (IDPIB), des dépenses publiques à caractère social en pourcentage du PIB (DPSPIB), de l'indice qualitatif de la croissance économique (IQC) et des flux d'IDE entrants au Cameroun. L'équation de l'investissement domestique est inspirée de Lahimer (2009). Elle cherche à capter l'effet de l'IDE sur les investissements domestiques. En clair, elle s'évertue à dégager si la présence d'un IDE au Cameroun favorise la productivité et la compétitivité des entreprises locales (effet de stimulation ou effet de complémentarité), ou plutôt défavorise la performance de ces entreprises (effet d'éviction ou effet de substitution). L'équation des dépenses publiques à caractère Selon Bourbonnais (2015), l'avantage lié à ces derniers modèles réside au fait qu'ils permettent simultanément d'apprécier les effets directs et aussi indirects d'une variable sur un ensemble d'autres variables à expliquer. Toutefois, la littérature empirique fait mention de l'existence d'une certaine catégorie d'approche basée sur les modèles d'équilibre général calculable. D'après les travaux ayant utilisé ces modèles d'équilibre général calculable (Feubi et al., 2014 ; Mage, 2011 ; Piat, 2004 et Fofana et Cockburn, 2003), ces types de modèle permettent de proposer une analyse quantitative d'un problème de politique économique. Ainsi donc, l'analyse de ces modèles permet de spécifier d'une part, la politique de la demande et d'autre part, la politique de l'offre. D'après Mage (2011), la force d'un modèle d'équilibre général calculable repose sur quelques facteurs et parmi lesquels son fondement théorique, sa capacité à mettre en évidence les mécanismes de transmission entre les différents phénomènes étudiés et son aptitude à arbitrer entre les politiques économiques et le bien-être des agents économiques. Selon Fofana et Cockburn (2003), en prenant en compte dans l'analyse les effets de la politique d'offre et celle des mécanismes de redistributions, ces modèles permettent d'expliquer et d'assurer les canaux essentiels de lutte contre la pauvreté. Malgré les avantages accordés à ce modèle d'équilibre général, très peu d'études l'ont utilisé à notre connaissance pour déterminer les effets d'IDE sur économie à part l'étude effectuée par Pamen et al., (2014) pour dégager les effets des IDE sur l'accès à la terre et le marché foncier au Cameroun. Etant entendu dans la littérature que l'accès à la terre et le problème foncier paraissent quelques déterminants de la paupérisation. Ainsi, autant il existe des approches méthodologiques permettant de capter les effets des IDE sur une économie d'accueil, autant ces approches connaissent quelques critiques inhérentes à leur Et enfin, l'équation de l'indice qualitatif de la croissance cherche à capter l'effet de l'IDE sur l'indice qualitatif de la croissance (IQC). Elle est inspirée des travaux d'Hussein et al. (2018), de Mlachila et al. (2015) et de Lahimer (2009). Au total, nous construisons dans cet article un modèle VAR composé de quatre (04) équations. La première équation cherche à expliquer l'effet d'éviction ou de stimulation de l'IDE sur les investissements domestiques (Agosin et Mayer, 2000 et Lahimer, 2009). La deuxième équation s'évertue à expliquer quant à elle l'équation des dépenses publiques (Tamba, 2017). La troisième équation explique les déterminants de la qualité de la croissance économique à travers l'indice qualitatif de la croissance (IQC). Selon Mlachila et al. (2015) et aussi Hussein et al. (2018), cet indice permet de capter le caractère inclusif et pro-pauvre de la croissance économique dans les pays en développement. Et la quatrième équation cherche à capter les effets des autres variables sur l'attraction des IDE au Cameroun. Chacune de ces équations prises d'une manière individuelle, feront ultérieurement l'objet d'une étude spécifique. Mais à présent, nous allons d'abord évoquer la méthode d'estimation d'un modèle VAR. ? Méthode d'estimation d'un modèle VAR de l'étude Selon Bourbonnais (2015), l'utilisation d'un modèle récursif à plusieurs équations est tributaire d'un certain nombre de protocole relatif aux techniques et procédures d'estimations. Ces différentes techniques qui précèdent les estimations permettent de définir la méthode d'estimation à utiliser. Pour Nafiou (2016), l'estimation d'un modèle VAR nécessite au moins trois étapes très importantes à suivre et parmi lesquelles, la spécification de ce modèle, la détermination de l'ordre de d'intégration des variables et la détermination du nombre de retard optimal à considérer dans le modèle. Ainsi d'après une pléthore des travaux, l'estimation d'un modèle VAR spécifié peut se faire suivant deux méthodes à savoir la méthode MCO équations par équations et celle du maximum de vraisemblance. 25 Volume XIX Issue VII Version I ( E ) Global Journal of Human Social Science -
social par contre est inspirée du travail de Tamba (2017) modélisation. En effet, Selon Bourbonnais (2015), ce
et de Renouard et Lado (2013) et s'évertue à capter sont les critiques faites par Sims (1980) 3 à l'endroit des
l'effet de l'IDE sur les dépenses publiques à caractère modèles structurels à équations simultanées qui ont
social, c'est-à-dire les effets des IDE sur la redistribution laissé l'émergence des travaux sur la modélisation VAR.
du revenu au Cameroun. Selon ces auteurs, deux Cette étude, loin d'être boulimique quant au choix du
familles des facteurs concourent à l'explication des modèle à estimer, va s'évertuer à utiliser un modèle
dépenses publiques à savoir, les facteurs économiques
et les facteurs non économiques. Les facteurs
économiques font référence à l'accroissement du
Note: i.
Figure 8.
Tableau 4: Variables explicatives (1) Chi2 = 40.7532 p>chi2 = 0,0006 R 2 = 0,5452 (2) Chi2 = 75.5055 p>chi2 = 0,0000 R 2 = 0,6895 (3) Chi2 = 641.3362 p>chi2 = 0,0000 R 2 = 0,9497
IDPIB DPSPIB IQC
Coefficients Coefficients Coefficients
(t-student) (t-student) (t-student)
Constante -0,0450 (-1,36) 0,2270** (2,52) -0,0716*** (-3,53)
D.IDPIB (-1) 0,0997 (0,56) 0,3646 (0,76) -0,2603** (-2,40)
D.IDPIB (-2) -0,2747* (-1,66) -0,6862 (-1,53) 0,1019 (1,01)
DPSPIB (-1) 0,1126** (2,09) -0,8777*** (-5,98) 0,1681*** (5,10)
28 DPSPIB (-2) 0,2107** (2,52) -1,1062*** (-4,87) 0,1915*** (3,74)
Volume XIX Issue VII Version I E ) D.IQC (-1) D.IQC (-2) IDEflxinPIB (-1) IDEflxinPIB (-2) IDEstockPIB D.TSCOL D.EPARGPIB -0,1196 (-1,18) 0,1113 (0,90) 0,3957 (1,57) 0,0217 (0,10) -0,0144 (-0,08) 0,0025* (1,91) 0,0047*** (3,16) 0,0816 (0,30) 0,4428 (1,32) -1,2337* (-1,80) -1,2425** (-2,12) 0,6586 (1,34) 0,0017 (0,49) 0,0096** (2,36) 0,1914*** (3,08) 0,0565 (0,75) -0,3318** (-2,15) 0,3966*** (3,00) 0,0812 (0,73) 0,0107*** (12,93) 0,0056*** (6,17)
( TxINFL 0,0018** (2,22) -0,0075*** (-3,26) 0,0019*** (3,78)
D.LPIB 0,0403 (0,41) 0,7772*** (2,94) 0,4667*** (7,85)
0 lag Sample: Selection-order criteria 350.189 LL LR 1983 -2016 POPURB D.D.TCPOP D.RFiscPIB df 0,0007 p (1,00) 0,3109 (1,25) -0,0007 (-1,54) 1.2e-13 FPE -0,0042** -18.4817 AIC Number of obs -17.9306 HQIC 0,0013*** -16.8656* = (-2,17) (3,12) 34 0,8208 -0,5759*** (1,22) (-3,80) SBIC -0,00003 -0,0001 (-0,05) (-0,42)
1 365.747 31.116 16 0.013 1.3e-13 -18.4557 -17.6596 -16.1213
2 390.634 49.773* 16 0.000 1.0e-13* -18.9784* -17.9374* -15.9257
Endogenous: D.IDPIB D.DPSPIB D.IQC IDEflxinPIB
Exogenous: D.IDEstockPIB D.TSCOL D.EPARGPIB TxINFL D.LPIB POPURB D2.TCPOP
D.RFiscPIB _cons
Note: Source: auteur de cette étude.
Figure 9.
30
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E )
(
Figure 10.
développement, Université Montesquieu-Bordeaux
IV.
2.
Year 2019
31
Volume XIX Issue VII Version I
E )
(
Global Journal of Human Social Science -
© 2019 Global Journals
2
2
3
3

Appendix A

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Notes
2.
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2
Concurrence fiscale, mode de financement de la croissance basé sur le capital étranger et qualité de la redistribution du revenu au Cameroun
3
© 2019 Global Journals
3.
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Date: 2019-01-15